Les demandeurs d’emploi devraient bénéficier des effets de la dernière réforme sur le chômage

Coauteur de l’ouvrage « Travailler au XXIe siècle », le professeur Gilbert Cette est familier aux questions en rapport avec le chômage et l’univers de l’emploi en général. Selon son analyse, la dernière réforme initiée par le gouvernement devrait être efficace à moyen terme.

Cependant, cette mesure soulève de nombreuses interrogations, concernant notamment la nature du dispositif déployé par l’Exécutif. Les experts se demandent en effet s’il s’agit encore d’une véritable assurance ou d’une nouvelle forme de solidarité. Les autorités n’ont donné aucun éclaircissement sur le sujet.

Pour leur part, les demandeurs d’emploi préfèrent se concentrer sur l’essentiel. Ils ont désormais plus de chance de trouver du travail.


Une démarche encourageante

Les experts s’accordent à dire que la réforme sur la couverture chômage devrait être efficace et donner des résultats concrets assez rapidement. Cependant, elle peut encore être améliorée selon le professeur Gilbert Cette.

Par exemple, pour le bonus-malus, l’Exécutif a préféré exclure des parties non négligeables de l’économie, notamment le secteur du bâtiment, le milieu médico-social et le monde du spectacle. Dès lors, la réforme deviendra moins efficace. De plus, la nouvelle mesure se base sur le comportement antérieur des opérateurs économiques. Ce critère tend à affaiblir l’effet incitatif du dispositif.

Comme l’indique le professeur Cette :

« Il aurait peut-être mieux valu faire varier en temps réel le taux de cotisations sociales en fonction de la durée du contrat ».

D’un autre côté, l’économiste émet des réserves concernant la dégression de l’allocation chômage après le septième mois pour les revenus excédant le seuil des 4 500 euros. En effet, ces actifs n’ont pas souvent recours à cette indemnisation et sont des contributeurs nets.

Ainsi, selon l’économiste :

« Il aurait semblé plus logique de mettre l’accent sur le contrôle de la recherche d’emploi ».

Des objectifs réalisables

La dernière réforme de l’assurance chômage a été présentée par le gouvernement en juin 2019. Elle devrait aider à réintégrer dans le monde de l’emploi entre 150 000 et 250 000 chômeurs à l’horizon 2021. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a récemment présenté ces projections optimistes de l’Exécutif.


D’après le professeur Gilbert Cette, cette mesure permettra de réduire concrètement le taux de chômage en dissuadant entre autres le recours systématique aux contrats courts.

Selon les explications de l’économiste, relayées par Capital :

« Le gouvernement a fait le bon choix, il baisse les incitations à la fois pour les entreprises (avec l’instauration d’un bonus-malus sur les contrats à durée déterminée de moins d’un mois, et d’une taxe sur les CDD d’usage) et pour les actifs (avec la révision des règles de calcul pour l’indemnisation des demandeurs d’emploi, qui, aujourd’hui, décourage le travail à temps plein) ».

De plus, à travers cette réforme, l’Exécutif a fait des efforts non négligeables concernant la formation des chômeurs. Il s’agit d’un élément primordial. Toutefois, selon le professeur Cette, il est encore possible et réellement recommandé de poursuivre dans cette voie pour obtenir de meilleurs résultats.