Detroit se réinvente en contribuant au développement des véhicules du futur

Detroit est mondialement connue comme la ville historique de l’industrie automobile américaine. Elle a été témoin de la montée en puissance des trois plus grands constructeurs américains : General Motors, Ford et Chrysler. Pendant plusieurs décennies, la capitale économique de l’État du Michigan a d’ailleurs participé au renforcement de leur position sur le marché mondial.

Tout a basculé en 2007, avec la crise des subprimes. Avant d’affecter le reste du monde l’année suivante, elle a d’abord touché le secteur automobile américain. Detroit a été l’une des premières victimes de cette débâcle. Dix ans plus tard, la ville commence à s’en remettre et contribue désormais au développement des voitures du futur.


La seconde vie d’une ville mythique

Detroit s’est entièrement consacrée à l’univers de l’automobile depuis l’avènement de l’industrie américaine. Elle a ainsi été surnommée Motor City (la ville du moteur) en référence à ses nombreuses usines et à son lien fort avec les voitures. Le Salon de Detroit s’est par ailleurs imposé, dès sa création, comme le rendez-vous incontournable dans le milieu.

À Detroit, tout ou presque, renvoie à son secteur d’activité emblématique, notamment son équipe de basketball, les « Detroit Pistons », et sa maison de disque devenue légendaire, la « Motown ». Le nom de cette dernière vient en effet de la contraction de « Motor » et « Town », en hommage à la ville.

En toute logique, les Big Three ne pouvaient pas abandonner définitivement ce site. Chrysler est le premier à s’impliquer dans la démarche avant d’être rejoint par les deux autres (Ford et General Motors). Ils ont progressivement relancé leurs activités dans la région et commencent même à développer de nouveaux projets.

Comme l’a souligné Justin Robinson, vice-président du Detroit Partnership (organisme de développement régional), dans les colonnes du Parisien :

« Ford, General Motors et Chrysler ont compris que leur sort était lié au destin de la ville. Ils ont intégré que l'image de Detroit, c'était aussi l'image de leurs compagnies ».

Depuis la reprise de ses activités économiques, Detroit a retrouvé une seconde vie et peut désormais se focaliser sur son avenir. En parallèle, ce véritable musée de l’automobile attire désormais les touristes venant du monde entier.


Selon Xavier Ovize, le PDG de l’équipementier français local AdduXi :

« Detroit renaît de ses cendres. Pour se rendre dans les salles de spectacle, il fallait se faufiler au milieu de cordons de policiers. Aujourd'hui, on peut se promener en centre-ville sans craindre pour sa vie ».

Un immense laboratoire pour les voitures autonomes

La réhabilitation de Detroit ne s’est pas déroulée aussi facilement qu’une résiliation assurance. Elle a été assez difficile et s’est étalée sur presque une décennie. Le processus a notamment nécessité l’intervention de Washington après la faillite, le retour de ses partenaires historiques et même la participation de grandes stars à des spots publicitaires.

Tous ces efforts combinés ont permis de raviver l’intérêt du public pour les marques de voitures américaines et de rentabiliser de nouveau l’implantation des constructeurs dans la région. Avec le retour de l’emploi, l’insécurité dans la ville a baissé, la rendant de nouveau agréable à vivre.

Entre temps, Detroit s’est trouvé une nouvelle vocation dans le secteur de la recherche et développement (R&D). Aujourd’hui, la ville tient d’ailleurs une place importante dans le perfectionnement des voitures sans pilote.

D’après l’expert du secteur automobile américain, Georges Ucko, cité par Le Parisien :

« Même la Silicon Valley - berceau de la Tech - ne conteste plus la spécialité de Detroit dans la R&D sur le véhicule autonome ».

Pour l'American Center for Mobility, ses ruelles abandonnées, ses bretelles d'accès, ses tunnels, etc. sont parfaits pour repousser les limites du véhicule autonome. Ces kilomètres de routes désaffectées sont d’ailleurs loués par les constructeurs pour finaliser leurs tests en conditions réelles.


Comme l’explique Angela Flood, directrice de l'American Center for Mobility :

« La zone d'ombre à l'entrée d'un tunnel peut perturber les capteurs, tout comme un vieux marquage au sol mal effacé sur la chaussée. Ils viennent confronter la vérité des algorithmes au monde physique ».

De son côté, Ford projette de racheter l’ancienne gare de Central Station et la transformer en un centre de recherche à l’horizon 2022. Le constructeur compte par ailleurs investir près de 740 millions de dollars (environ 660 millions d'euros) pour y installer son futur pôle dédié aux voitures électriques.