Du fait des mesures de restriction de déplacement en vigueur jusqu’au 11 mai dernier, l’accidentalité sur les routes françaises a diminué. La baisse s’établit à 75 % à peu près. La Fédération française de l'assurance (FFA) le reconnaît. L’UFC-Que Choisir exige ainsi la diminution des cotisations que les automobilistes doivent verser pour couvrir leur véhicule.

Sachant que le confinement a entraîné une baisse des sinistres automobiles, plusieurs mutuelles ont fait des gestes commerciaux vis-à-vis de leurs assurés. Certaines réattribuent une partie des économies réalisées sous forme de forfait, tandis que d’autres envisagent de stabiliser leurs tarifs cette année.

Leur initiative ne s’est pas pour autant démocratisée dans le secteur de l’assurance. Quelques compagnies avancent que la stratégie à adopter dépend des profils des clients. Elles tiennent également à rester prudentes, car d’autres domaines d'activité n’ont pas forcément été épargnés par la crise sanitaire. Les clients devront-ils alors attendre l’année prochaine pour profiter, après avoir consulté un comparateur assurance auto, d’une éventuelle baisse de primes ?

Les assureurs tablent sur une hausse des sinistres après le confinement

En réponse à la revendication de l’UFC-Que Choisir, Florence Lustman, qui est à la tête de la FFA, a annoncé que les chiffres sur la sinistralité automobile ne seront disponibles qu’en fin d’année. Elle a également souligné que la mutualisation des risques constitue le principe même de l’assurance. Concrètement, les économies potentiellement réalisées en matière de couverture automobile peuvent servir aux remboursements des sinistres dans d’autres secteurs (commerce, habitation, etc.).


Par ailleurs, Florence Lustman prévoit une hausse du nombre d’accidents de la route suite à la levée du confinement. Elle estime aussi que les ménages parcourront davantage de kilomètres, faute de pouvoir passer des vacances à l’étranger.

Les habitants seront également moins enclins à emprunter les transports en commun, par crainte d’être contaminés. Cette situation permettra-t-elle aux assureurs d’augmenter leur chiffre d’affaires, sachant que la couverture d’une voiture individuelle est obligatoire ?

Des gestes de solidarité pour soutenir les assurés affectés par la crise

Les assureurs comptent déployer aussi bien des solutions collectives qu’individuelles pour aider financièrement les consommateurs affectés par la situation actuelle. Les fonds alloués à cette cause ont été portés à 3,2 milliards d'euros à la mi-avril 2020. C’est ce qu’indique l’organisme qui regroupe les sociétés d’assurance et réassurance dans l’Hexagone.

L’UFC-Que Choisir souhaite que les assureurs automobiles revoient les primes à la baisse afin de renforcer le pouvoir d’achat des ménages. D’ailleurs, l’association de défense des consommateurs a récemment demandé aux pouvoirs publics de contraindre ces professionnels à redistribuer les bénéfices qu’ils ont engrangés. Elle évalue à 2,2 milliards d'euros les économies réalisées grâce à la diminution du nombre de voitures en circulation. Par conséquent, l’UFC-Que Choisir recommande aux clients de solliciter une baisse du montant de leurs mensualités en adressant un courrier à leur assureur.