Le 8 juillet dernier, le Premier ministre, Jean Castex, a exprimé son intention de reporter de nouveau le déploiement du second volet de la réforme de l’indemnisation du chômage lors d’une intervention sur BFMTV et RMC. L’application des nouvelles mesures a déjà été décalée une première fois en raison de la pandémie de Covid-19.

Selon son calendrier initial, le gouvernement comptait lancer le second volet de la réforme de l'assurance chômage le 1er avril dernier, après une première phase enclenchée en novembre 2019. La réalisation de ce projet a toutefois été compromise par la crise sanitaire. L'application des nouvelles mesures a ainsi été décalée au 1er septembre 2020.

Le Premier ministre, Jean Castex, a récemment confirmé la poursuite de la réforme malgré les protestations des organisations syndicales. Selon lui, ces changements sont nécessaires pour améliorer le quotidien des Français, indépendamment de l'épidémie de coronavirus. Néanmoins, le chef du gouvernement envisage un nouveau report au regard de l'évolution de la situation.

Des discussions perturbées par le remaniement du gouvernement

Le premier volet de la réforme de l'assurance chômage a notamment modifié les conditions d'accès au dispositif. Désormais, le salarié doit avoir travaillé au moins 6 mois durant les 24 derniers mois pour bénéficier d'une indemnisation, contre seulement 4 mois sur 28 auparavant.


Les travailleurs et les syndicats ont vivement protesté contre ce changement. L'ancienne ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a ainsi lancé des négociations avec les partenaires sociaux pour réajuster cette mesure. D'ailleurs, l'exécutif semblait envisager de revenir aux conditions antérieures, soit 4 mois de période travaillée.

Entre-temps, le ministère du Travail a été repris par Élisabeth Borne, l'ancienne ministre de la Transition écologique et solidaire. Pourtant, les négociations n'ont pas encore abouti avant le remaniement. Les acteurs concernés redoutent ainsi l'évolution de la situation. Pour l'heure, le nouveau gouvernement ne s'est pas prononcé sur ce point.

Des mesures visant à verser moins d'allocations

Le premier volet de la réforme a également instauré un système de dégressivité des indemnités pour les salariés percevant des revenus élevés. Les allocations sont désormais réduites de 30 % à partir du septième mois pour les moins de 57 ans dont le salaire brut mensuel dépassait 4 500 euros.

L'application de cette nouvelle mesure a été suspendue durant le confinement. Toutefois, la crise sanitaire ne représente qu'une parenthèse dans le calendrier de réforme de l'exécutif. Ainsi, la dégressivité devrait de nouveau être effective dès le 1er août prochain. Elle concerne notamment les travailleurs inscrits à Pôle emploi après novembre 2019.

Le second volet de la réforme porte sur la refonte des modalités de calcul des indemnités. Jusqu'à présent, les allocations sont déterminées uniquement sur la base des jours travaillés. L'indemnisation devrait bientôt être calculée en tenant compte du salaire moyen par mois. Le montant des allocations baissera nécessairement avec l'intégration des périodes d'inactivité.