Le design automobile est à l’honneur en ce début d’année, notamment lors du Festival automobile International qui s’est tenu à Paris, du 29 janvier au 2 février dernier. Le château de Compiègne accueille également l’exposition « Concept Car, beauté pure » depuis le 29 novembre dernier jusqu’au 23 mars prochain. À quoi la voiture de demain ressemblera-t-elle ?

Sur un comparateur assurance auto comme lors de l'achat d'un nouveau véhicule, le design fait partie des principaux critères considérés par les consommateurs. Plus de trois Français sur quatre affirment être sensibles à la silhouette des voitures, selon un sondage commandé récemment par le Festival automobile International.

L'évolution du design, intérieur comme extérieur, est indissociable de l'histoire du secteur automobile. Elle peut être dictée par des facteurs extérieurs (exigences réglementaires, démarche écologique, etc.) ou résulter du processus créatif. Dans tous les cas, le design automobile reste le reflet d'une époque et préfigure l'avenir d'une industrie en pleine mutation.

De nouveaux défis pour les designers

Eu égard à la tendance actuelle, la voiture de demain sera autonome, disposera d'une motorisation plus écologique et embarquera encore plus de technologies. La mutation de l'industrie automobile requiert ainsi une redéfinition des concepts de mobilité, de moyen de transport… Par ailleurs, ce changement de paradigme soulève de nouvelles problématiques pour les acteurs du secteur.


Comme le souligne Anne Asensio, vice-présidente design experience de Dassault Systèmes :

Alors que l'enveloppe automobile était un prolongement de notre corps, une super prothèse qui assurait la continuité avec nos membres, se pose désormais la question de la vie à bord sans conduite.

Actuellement, l'entreprise spécialisée dans l'édition de logiciels travaille avec plusieurs constructeurs, dont PSA, Renault et Ferrari, dans la conception des modèles du futur. Désormais, les fabricants et les designers cherchent à réinventer la voiture pour en faire un prolongement du lieu de vie des utilisateurs tout en restant une solution de mobilité efficace. Les véhicules volants font ainsi partie des nombreuses pistes envisagées.

Dans ce contexte, le rôle du designer se limitera plus à l'aspect esthétique du véhicule, mais s'étendra progressivement à son caractère fonctionnel. L'intérieur comme l'extérieur devra s'adapter aux attentes des consommateurs en matière de confort et de praticité ainsi qu'aux normes techniques (aérodynamique, vitesse, etc.) et réglementaires (sécurité, pollution, etc.) en vigueur.

Un juste équilibre entre fonctionnalité et esthétique

Tout au long de l'histoire automobile, les constructeurs se sont continuellement appliqués à concilier technologie et esthétique. Les moyens techniques disponibles ont souvent primé sur le design. Cependant, ce dernier prenait parfois le dessus, au détriment de la praticité. Tel a notamment été le cas de la voiture dotée d'une carrosserie en bois de Suzanne Deutsch de La Meurthe. Le véhicule a été signé par le carrossier Jean Henri-Labourdette.

De nombreux carrossiers des années 1920 comme Bugatti, Voisin ou encore Delage ont proposé des produits personnalisables, à installer sur les châssis standards de l'époque. Il s'agit d'une véritable petite révolution après l'apparition de la production en série chez Ford, en 1913. Avec cette nouvelle méthode, le design était relégué au second plan pour prioriser la productivité.


À partir des années 1930, les constructeurs se sont davantage focalisés sur l'aérodynamisme. Dès lors, tout a été fait pour optimiser la pénétration du véhicule dans l'air et gagner toujours plus de vitesse. Cette logique est cristallisée dans le design « goutte d'eau » visible sur des modèles ovoïdes comme la Panhard Dynavia de 1948 ou la Fiat 600 Multipla de 1956.

Depuis, la quête de vitesse a été tempérée par les préoccupations des consommateurs et des pouvoirs publics en matière de sécurité, d'écologie, etc. Le design automobile continue néanmoins d'évoluer avec son époque.