La filière automobile doit disposer des ressources suffisantes pour généraliser la voiture électrique

La démocratisation des véhicules électriques représente un défi de taille pour les constructeurs automobiles. À compter de l’année prochaine, le niveau d’émissions de CO2 des voitures neuves ne devra pas dépasser la moyenne de 95 grammes par kilomètre.

Au risque d’accumuler des sanctions, les fabricants doivent se résoudre à adapter leurs modèles, de manière à diminuer les émissions de gaz polluants de 20 % d’ici 2020.

Luc Chatel, celui qui préside la Plateforme automobile (PFA), souhaite que les pouvoirs publics fournissent davantage d’efforts pour promouvoir la prolifération des véhicules électrifiés en France. Quelles sont les solutions d’urgence susceptible de booster les ventes ?


Les constructeurs sont contraints d’atteindre les objectifs européens

Si les fabricants de voitures ne s’alignent pas avec les recommandations de l’Union européenne pour 2020, ils seront obligés de payer une amende de 95 euros par véhicule commercialisé. Mais pas seulement. Ce montant sera aussi multiplié par chaque gramme excédentaire.

Les autorités compétentes estiment que le montant des sanctions pourrait osciller entre 500 millions et 1 milliard d'euros. Cette mesure, qui est le résultat d’un pacte conclu entre la Commission européenne et le Parlement européen en 2013, incite les constructeurs à agir urgemment, comme l’indique Luc Chatel :

« Au regard des objectifs européens et des choix politiques faits par la France, au regard des investissements sans précédent engagés en conséquence par les industriels, nous avons une obligation de résultat ».
En effet, le gouvernement prévoit le déploiement, sur l’ensemble du territoire, d’un million de voitures propres à l’horizon 2022.

Des solutions urgentes pour stimuler la demande

Luc Chatel souhaite que des mesures permettant de stimuler la demande soient prises le plus rapidement possible. Si tel est le cas, tout comparateur assurance affichera-t-il des prix plus compétitifs ? Hormis le maintien de l’aide financière de 6 000 euros qui revient aux acquéreurs de voitures électrifiées, le président de la PFA aspire à ce que les dispositions suivantes soient appliquées :

  • instauration d’un « plan d’urgence » en faveur de la cinquantaine d’industries impactées par le recul de l’huile lourde, qui est sur le point de faire cesser leur activité ; 
  • attribution d’un bonus écologique équivalent à 2 000 euros aux acquéreurs de voitures hybrides rechargeables (qui émettent moins de 95 grammes) ; 
  • mise en place d’une mesure permettant, suivant un délai de trois mois au plus, l’installation de bornes de recharge à l’endroit des immeubles collectifs ; 
  • accélération de l’implantation d’infrastructures dédiées qui totalisent 26 300 bornes (aux dernières nouvelles).