Contrairement au premier confinement, la circulation routière reste dense à Paris, mais aussi dans d’autres grandes agglomérations, alors que les déplacements ont de nouveau été restreints. Cette situation s’explique entre autres par des règles de quarantaine moins sévères qu’au printemps dernier. Le gouvernement mettra-t-il de nouveau en place un couvre-feu pour y remédier ?

Lors du confinement du printemps, les Français semblent avoir observé les restrictions de déplacement qui leur ont été imposées. En effet, le trafic et la sinistralité automobiles ont fortement baissé durant cette période. Certaines compagnies d'assurance ont d'ailleurs reversé à leurs clients les économies réalisées grâce au recul du nombre d'accidents.

Alors que les Français sont de nouveau contraints de rester chez eux, les statistiques indiquent pourtant qu'ils circulent davantage par rapport au premier confinement. Cette situation fait craindre aux pouvoirs publics un relâchement de la part de la population. Elle a également entraîné des déclarations contradictoires de membres du gouvernement.

La réinstauration d'un couvre-feu est encore étudiée

Le 3 novembre dernier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'est voulu rassurant dans un entretien accordé à RTL. De son côté, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a confié sur RMC et BFMTV que le couvre-feu de 21h sera de nouveau instauré à Paris et probablement en Île-de-France. Il a ajouté qu'il était possible que la mesure soit également appliquée dans d'autres régions au cas où les préfets l'estimeraient nécessaire.

Aussitôt après cette annonce, le cabinet du Premier ministre a tenu à indiquer :

Cette décision n'est absolument pas décidée à ce stade. Le préfet de police a évoqué cette mesure au regard de certaines situations observées en soirée à Paris.

Dans la capitale, alors qu'il est interdit de continuer à recevoir des clients, certains restaurants et bars continuent de le faire. Il convient donc de déterminer une heure de fermeture nocturne pour les établissements autorisés à ouvrir. La préfecture se concertera avec la municipalité de la ville à propos de cette mesure. Ce n'est qu'alors qu'une décision sera fixée.

La densité du trafic reflète-t-elle réellement le non-respect des règles mises en place ?

Le 3 novembre 2020, à 8 heures du matin, l'indice de congestion s'est élevé à 41 % à Paris d'après les données fournies par TomTom. En guise de comparaison, il s'établissait entre 4 à 5 % au printemps dernier. Le même jour, d'importants bouchons ont aussi été observés dans d'autres grandes villes comme à :

  • Lyon, où l'indice de congestion s'est chiffré à 31 %, contre 5 % durant le premier confinement ;
  • Marseille (46 % contre 10 %).

Pour expliquer ce phénomène, les observateurs évoquent des règles de confinement moins strictes que lors du premier épisode. La généralisation du télétravail et le maintien de l'ouverture des écoles y contribuent également. Malgré tout, Olivier Véran a assuré que les mesures sanitaires sont observées. Selon le ministre de la Santé sur RTL le 3 novembre dernier :

Les chiffres attestent d'un respect du confinement. Par exemple hier, les chiffres de la RATP montraient qu'on était à moins de 50 % de voyageurs dans les rames du métro parisien le matin. On est même tombé à 20,25 % du nombre normal de clients prenant les transports en commun. […] Les chiffres du télétravail attestent que les entreprises jouent le jeu, que les salariés également.