Les ventes de trottinettes électriques personnelles dans l’Hexagone ont fortement progressé par rapport à l’an dernier. Paradoxalement, les Français ont une opinion plutôt négative de leur version en libre-service. Certains les considèrent même comme dangereuses, non écologiques et peu économiques. Dans tous les cas, ces moyens de transport alternatifs sont désormais connus du grand public.

Les trottinettes en libre-service ont commencé à investir les routes françaises, il y a environ un an. Depuis, elles ont envahi les trottoirs et la chaussée des grandes agglomérations.

Pourtant, en septembre 2018, seuls 42 % des Français connaissaient ce nouveau service. Or, les premiers opérateurs étaient déjà en activité depuis quelques mois.

Dans son observatoire 2019 portant sur la mobilité en France, l’agence de prospective Smart Mobility Lab souligne que la notoriété des trottinettes électriques free-floating a largement progressé. L’étude indique qu’actuellement, 76 % des Français en ont au moins entendu parler. S’il ne faut tenir compte que des Franciliens, ce taux s’élève à 84 %.

Les trottinettes personnelles souvent privilégiées

Depuis peu, les trottinettes électriques ont assez mauvaise presse dans l’Hexagone. En effet, les accidents tendent à devenir plus fréquents avec l’augmentation du nombre d’usagers et d’opérateurs. Les médias dénoncent également la multiplication des dérives environnementales de ces moyens de transport, en évoquant notamment les véhicules abandonnés sur les trottoirs ou dans les fleuves.

Les prestataires de trottinettes en libre-service sont les premiers à pâtir de cette image négative. De ce fait, ils ont mis en œuvre, depuis quelques mois, des campagnes de communication pour améliorer l’image de leur entreprise et de ces véhicules. De plus, dans une certaine mesure, ces initiatives permettent à chacun de se démarquer de la concurrence.

En tout cas, les Français semblent avoir adopté les trottinettes électriques. Ils sont d’ailleurs nombreux à investir dans ce type de véhicule. Actuellement, 1 % d’entre eux possèdent une trottinette personnelle.

Ce chiffre ne cesse d’ailleurs d’augmenter à l’échelle nationale. Ainsi, fin 2019, les ventes devraient atteindre les 350 000 unités, soit une progression de 50 % par rapport à l’année dernière.

Les experts de Smart Mobility Lab estiment qu’un million de véhicules seront vendus d’ici 2022 et que le chiffre d’affaires de ce marché atteindra 480 millions d’euros. Les consommateurs français sont en somme prêts à investir davantage dans les trottinettes personnelles. Selon Jean Ambert, de l’agence de prospective :

« Le fait d’avoir son propre engin répond à un certain besoin d’autonomie ».

Des opinions partagées

L’assurance trottinette électrique s’est développée avec la démocratisation de ce type de véhicule. Toutefois, les consommateurs ne sont pas rassurés pour autant. Ils semblent même se méfier de plus en plus de ces nouveaux moyens de déplacement.

Selon les résultats de l’enquête de Smart Mobility Lab, 50 % des personnes interrogées trouvent les trottinettes électriques en free-floating dangereuses (progression de 28 %). Par ailleurs, seuls 34 % des sondés considèrent encore ces véhicules comme écologiques (recul de 9 %).

D’autre part, 12 % des répondants estiment que ce service est inutile (hausse de 5 %). Enfin, le nombre de consommateurs convaincus par son côté économique a baissé de 10 %.

En dépit de cette mauvaise presse, les trottinettes électriques sont encore majoritairement reconnues comme pratiques. Toutefois, le nombre de Français partageant cette opinion commence à baisser. L’image de la trottinette électrique se dégrade surtout auprès de ceux qui ne l’utilisent pas. Jean Ambert, du cabinet Smart Mobility Lab, note :

« Il y a un an, beaucoup de gens répondaient « Pourquoi pas ». Ils attendaient de voir. Aujourd’hui, ceux-ci se positionnent dans le non. Mais il y a une consolidation chez ceux qui l’utilisent »

Afin de restaurer l’image de ces véhicules, les entreprises de location ont pris des initiatives concrètes. Lime, par exemple, a lancé une patrouille fluviale ayant pour vocation de récupérer les véhicules jetés dans la Seine. Voi, pour sa part, a mis en place des parkings dédiés. Enfin, Tier utilise désormais des batteries amovibles.