En mars dernier, le gouvernement français a exclu tout usage d’applications pour pister les citoyens, en réaction au projet de géolocalisation des malades du Covid-19 lancé par la Commission européenne. Pourtant, devant l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé et le Premier ministre ont récemment évoqué cette solution pour éviter une nouvelle propagation du virus à la fin du confinement.

En Chine, une assurance téléphone couvre plus qu'un simple smartphone depuis l'épidémie de Covid-19. Cet appareil permet en effet de pister les citoyens et de suivre leur état de santé via une application fournie par les autorités locales. Les données sont identifiées et enregistrées puis scannées régulièrement dans les rues des villes.

Pour les personnes confinées, les journalistes assimilent les portables à de véritables bracelets électroniques dans plusieurs pays d'Asie. La CNIL prévient ainsi des dérives des initiatives visant à localiser les porteurs de coronavirus. Les autorités européennes promettent néanmoins de respecter l'anonymat et le RGPD dans le cadre de cette démarche.

Un outil pratique pour limiter la contamination

Singapour a utilisé l'application « Trace Together » pour surveiller le déplacement de sa population durant l'épidémie de Covid-19. Cet outil s'est révélé particulièrement efficace pour pister les personnes infectées par le coronavirus et limiter les risques d'une nouvelle contamination. Le concept a inspiré de nombreux pays tels que les États-Unis, l'Allemagne et la France.

L'application développée à Singapour se base sur le Bluetooth pour identifier les malades ainsi que les individus potentiellement contaminés. Cette technologie est caractérisée par sa portée limitée, de l'ordre de quelques mètres. Une fois activé, le système permet de détecter les smartphones et autres objets connectés se trouvant à proximité.

Grâce à cette application, l'utilisateur pourra savoir s'il a été en contact avec un porteur du coronavirus, sans nécessairement connaître son identité. Les informations fournies sont en effet anonymes et se concentrent seulement sur la maladie. De plus, les données collectées sont effacées tous les 21 jours.

Enfin, le dispositif est rétroactif. Ainsi, si un individu est testé positif après avoir croisé le propriétaire du smartphone, ce dernier sera prévenu par une notification. Il en va de même pour toutes les autres personnes entrées en contact avec le sujet durant les derniers jours précédant le diagnostic. Les contaminés potentiels seront ensuite invités à passer un test ou à procéder à l'autoconfinement.

Un système de localisation anonyme

Concrètement, l'application considérée par le gouvernement français doit permettre de suivre les déplacements quotidiens des malades ainsi que des cas suspects. L'outil facilitera ainsi l'identification des personnes potentiellement contaminées par les malades ou les porteurs sains. Outre à Singapour, cette méthode a déjà fait ses preuves en Corée du Sud.

En principe, le dispositif sera seulement utilisé sur les volontaires dans l'Hexagone, contrairement aux pays asiatiques. Les autorités sont en effet tenues de respecter la vie privée des citoyens et de prendre des précautions par rapport aux données personnelles.

Suivant les principes du RGPD (Règlement général sur la protection des données), les personnes en question ne devront pas être pistables ou identifiables via leur carte SIM ou tout autre système comme la triangulation à l'aide d'antennes relais. En somme, l'objectif est de détecter les porteurs du coronavirus, sans révéler leur identité, pour prévenir les personnes qu'ils ont croisées des risques de contamination.

En recourant à cette méthode, l'exécutif espère éviter les risques de recrudescence après la levée du confinement sans pour autant transgresser le respect des données personnelles. Il reste à savoir si le projet sera finalisé à l'échéance prévue.