La pandémie de coronavirus a ralenti de nombreux secteurs de l’économie en Chine, dont la filière automobile. Concernant ce dernier domaine, une récession a néanmoins déjà été observée avant même que la crise sanitaire ne sévisse. Étant donné sa faible performance dans le pays, le constructeur français Renault réoriente sa stratégie.

Les véhicules vendus par Nissan sont encore particulièrement plébiscités sur le marché chinois. La marque japonaise est parvenue à y écouler 1,5 million d'unités en 2019. Son nouveau dirigeant, Makoto Uchida, a révélé son intention de propulser l'entreprise au sommet des ventes dans le pays.

En revanche, son allié Renault rencontre actuellement des difficultés. D'ailleurs, l'industriel a choisi de délaisser la joint-venture Dongfeng Renault Automotive Company, créée avec la société Dongfeng Motor Corporation. Cette dernière reprendra la participation du fabricant français. Les Chinois qui comptent acheter un SUV de Renault après avoir dressé une comparaison assurance doivent se faire à l'idée que certains de ses véhicules ne seront plus disponibles.

Quel bilan pour Renault sur le marché chinois depuis 2017 ?

D'après le magazine Challenges, le nombre d'utilitaires commercialisés par la coentreprise Renault Brilliance Jinbei Automotive s'est tout juste élevé à 43 600 exemplaires depuis sa création en 2017. Il est ici question d'une compilation des ventes de toutes les marques (Huasong, Jinbei et Renault). La joint-venture espérait pourtant écouler 150 000 véhicules dédiés au commerce, comme les fourgons, à l'horizon 2022.


En 2019, les voitures électriques City K-ZE écoulées sur le marché en deux mois se sont élevées à seulement 2 658 unités. Une faible performance malgré le tarif compétitif de 7 870 euros appliqué pour ce modèle. Ce dernier a été dévoilé en avril 2019, lors du salon automobile de Shanghai.

Autre déception pour le constructeur français : les SUV mis sur le marché chinois par Dongfeng Renault Automotive Company. Alors que les estimations ont été portées à 550 000 unités par an, les ventes de 2019 ont été évaluées à moins de 180 000 voitures.

Le fabricant français mise sur son alliance avec Nissan et les modèles propres

Renault cessera de construire et de mettre sur le marché quelques SUV en Chine. Fondée en 2013 et installée à Wuhan, la coentreprise Dongfeng Renault Automotive Company produisait dans le détail des SUV Koleos, Kadjar et Captur.

Le groupe souhaite désormais rentabiliser son alliance avec Nissan et se focaliser sur la production de ses véhicules utilitaires légers. C'est ce qu'indique le directeur des opérations qui exerce sur place, François Provost.

Ce même haut responsable voit également en l'automobile équipée d'une batterie électrique l'avenir de l'écomobilité. De ce fait, la marque au losange continuera de fabriquer ses SUV City K-ZE via eGT New Energy Automotive. JMEV, une autre joint-venture montée avec Jiangling Motors Corporation Group, construit aussi des véhicules électriques depuis juillet 2019. Ces derniers sont connus sous la marque Eveasy.