L’entreprise de technologies Huawei a déjà stocké des pièces électroniques avant l’application de l’embargo américain. Seulement, les composants servant à équiper ses appareils commencent à manquer. C’est ce que rapporte le Financial Times, qui s’est informé auprès de quelques spécialistes. La firme pourra-t-elle compter sur le savoir-faire local pour assurer son approvisionnement sur le long terme ?

Les fabricants d'équipements mobiles ne cessent d'innover pour augmenter la valeur ajoutée de leurs produits. Pour conserver sa place sur le marché, la société chinoise Huawei compte suivre la tendance en alimentant son stock. Or, depuis le 20 mai 2020, elle n'est plus autorisée à équiper ses smartphones Android en technologies américaines. Il en est de même de ses autres appareils électroniques.

Afin de garantir la continuité de ses activités, le géant de l'Empire du Milieu s'est trouvé un partenaire local. Cela lui permettra en outre de satisfaire les détenteurs d'assurance téléphone. L'exécutif chinois est également prêt à le soutenir dans sa volonté de se défaire de ses fournisseurs américains.

Une production moins autonome sur l'activité smartphones

À l'heure actuelle, Huawei n'est pas encore capable de concevoir un circuit intégré avec puce pour ses appareils mobiles phares. Le développeur de puces informatiques Shanghai IC R&D Center ne pourra pas l'aider à développer son activité à court terme. C'est ce que révèle un expert du marché des semi-conducteurs qui a été abordé par le quotidien britannique Financial Times. Certains fournisseurs issus de l'autre côté de l'Atlantique restent donc incontournables.

En revanche, ses smartphones P40 et P40 Pro intègrent des system on a chip (SoC) fabriqués par sa filiale HiSilicon. Cette dernière collabore avec Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) pour le gravage. Il reste à savoir si ses technologies les plus abouties pourront être livrées sur le long terme. Une solution doit aussi être trouvée concernant l'approvisionnement pour tous les autres composants des téléphones portables de la marque.

Un concepteur local de puces à la rescousse sur l'activité appareils télécoms

S'associer à l'entreprise Shanghai IC R&D Center aidera Huawei à se détacher des Américains, ce qui permettra de compléter le stock accumulé jusque-là. C'est ce que déclare le même interlocuteur interrogé par le journal britannique. La joint-venture qui en découle pourrait fabriquer des puces en nombre. Ces dernières seront installées sur de nombreuses gammes de produits (autres que les smartphones) du géant chinois. Parmi elles figurent par exemple les objets connectés et les téléviseurs.

Les équipements 5G de Huawei devraient contenir des puces gravées en 20 nanomètres d'ici 2022. C'est ce qu'indique la feuille de route dressée par l'entreprise. Encore faut-il que la méthode de gravure en 28 nanomètres soit appliquée avec succès fin 2021 par sa nouvelle usine, dont la construction est prévue à Shanghai. Celle-ci commencera par graver des puces en 45 nanomètres en se basant sur des technologies utilisées 10 ans plus tôt.