L’Allemagne a récemment enregistré une baisse de 19 % des commandes de voitures. En Italie, les livraisons de véhicules neufs ont aussi chuté de 20 %. Selon les experts du secteur, cette tendance à la baisse peut se prolonger. Dans le même temps, il faut souligner que l’industrie automobile européenne a déjà connu quelques difficultés avant l’épidémie de coronavirus.

L'avenir semble incertain pour l'industrie automobile européenne. Alors que la durée de l'épidémie de coronavirus n'a pas encore été déterminée, certains pays commencent à en être profondément affectés. Le Comité des constructeurs automobiles français aurait dû communiquer ses prévisions 2020 le 3 mars dernier. Cependant, la séance de présentation a été suspendue.

En Allemagne comme en Italie, le marché accuse une importante baisse comme l'indiquent les derniers chiffres en la matière. Les experts prévoient également un déclin pour le premier marché automobile mondial (la Chine). Une crise dans le secteur automobile pourrait pourtant affecter différents marchés connexes, notamment celui de l'assurance auto.

Un marché déjà en difficulté avant l'épidémie

Pour l'heure, il est difficile de prévoir exactement les répercussions de l'épidémie de coronavirus sur le long terme. Cependant, ses effets immédiats en disent déjà beaucoup, avec la régression de l'industrie automobile européenne.


Cela dit, une baisse a déjà été constatée depuis le mois de janvier dernier, indépendamment du Covid-19. Les spécialistes du secteur automobile ont d'ailleurs estimé que le marché européen reculerait de 2 % au cours du premier mois de l'année 2020. Une telle chute ne s'est pas produite depuis sept ans.

Le directeur d'un observatoire de l'automobile explique que les achats de voitures diminuent généralement en période d'incertitudes. Pour expliquer ce phénomène, l'expert évoque deux raisons. D'abord, l'automobile ne constitue pas un besoin vital. Pourtant, il s'agit d'un poste de dépenses important.

Cette tendance à la baisse ne concerne pas que le Vieux Continent. Cette année, le marché chinois risque de connaître un repli d'au moins 8 %, selon un expert de l'université de Saint-Gall (Suisse). En parallèle, le marché mondial pourrait reculer de 3 %, alors qu'il s'est déjà replié de 6 % en 2019 et de 1 % l'année précédente.

En somme, le marché automobile a perdu 7,5 millions de véhicules depuis 2017. Face à cette crise, certains constructeurs tels que Renault envisagent la fermeture de leurs usines. D'autant qu'avec l'épidémie, l'approvisionnement en pièces est complètement perturbé.

Une situation qui ne s'améliore pas avec le coronavirus

Celui qui dirige PSA, Carlos Tavares, assure que la pénurie de pièces importées de Chine ne risque pas pour l'instant d'affecter la production du groupe automobile. Pour sa part, le directeur général de BMW, Olivier Zipse, indique que la situation du fabricant allemand dépendra de l'évolution de la crise épidémique 

Nous sommes sécurisés pour les trois prochaines semaines. Après, il faudra voir.

D'après un expert automobile du cabinet BCG, les constructeurs sont en mesure de conserver leur solidité financière durant la crise actuelle, contrairement à celle de 2009.


Concrètement, le dernier bilan fait état d'une baisse de 1 % des immatriculations et de 19 % des commandes en Allemagne. En Italie, les livraisons de voitures neuves ont chuté de 20 %, notamment en Lombardie et en Vénétie (épicentres de l'épidémie dans le pays). Selon la Fédération italienne des concessionnaires automobiles, le marché est particulièrement affecté par les restrictions et les difficultés de déplacement qui pèsent sur les activités des entreprises.

En France, les répercussions n'étaient pas aussi notables en février dernier. Certes, les nouvelles commandes ont baissé de 7 %. Cependant, les immatriculations n'ont chuté que de 2,7 %. Un recul des ventes oscillant entre 20 et 30 % a été signalé dans l'Oise par un professionnel du secteur. Il faut savoir que ce département est le principal foyer du Covid-19 dans l'Hexagone.