L’incendie de Lubrizol a mis en évidence des carences en matière de dispositifs d’alerte des riverains, c’est ce que dénonce l’association des élus dans un Livre blanc. Parmi ceux-ci, les sirènes sont jugées non adaptées et inefficaces en cas d’incident majeur, comme celui survenu dans l’usine de Rouen. Il est ainsi urgent de perfectionner les systèmes d’alerte afin d’aviser les populations dans les meilleurs délais.

Des carences dans les moyens de prévention et d’alerte

L’association Amaris, représentée par une centaine d’élus abritant dans leur circonscription des zones industrielles classées « à risque », va remettre prochainement à Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire, un rapport au vitriol sur les sites Seveso seuil haut.

Dans leur viseur : l’obsolescence des dispositifs d’alerte basés sur les sirènes. Le président d’Amaris et député LREM du Rhône, Yves Blein rappelle ainsi

« Les conséquences catastrophiques de l’incendie à Lubrizol, malgré la mise en œuvre des protocoles d’alerte ».

Ce mode d’alerte est qualifié de dépassé et ne permet pas d’annoncer les directives prises par les autorités à la suite d’un incident de grande ampleur.

Jean-Pierre Vogel, sénateur LR de la Sarthe, dénonce aussi

« L’insuffisance du déploiement des sirènes qui sont actuellement de 2830 contre les 5000 prévues d’ici 2020, faute de budget ».

Parmi les failles décelées par Amaris, le manque d’aides auquel sont confrontées les collectivités locales pour mettre en place des mesures de prévention efficaces (plan communal de sauvegarde, etc.) est également cité.

Des alternatives plus performantes

Il existe d’autres alternatives aux systèmes traditionnels pour une diffusion instantanée et rapide.

C’est le cas du dispositif « Cell Broadcast », reposant sur la téléphonie mobile, qui représente un moyen sûr de diffuser des messages d’alerte à un grand nombre de personnes et d’entreprises dans une zone ciblée.

Son efficacité a été démontrée dans des pays comme le Japon, les États-Unis, les Pays-Bas ou la Corée. Yves Blein prend en référence la Belgique qui dispose d’une plateforme nationale d’alerte en mesure de surveiller les réseaux sociaux quelques minutes après un incident, dans l’optique d’adapter les communications aux appréhensions des riverains.

Et les compagnies d’assurance peuvent tout à fait se fier à ce dispositif d’alerte par téléphone pour activer immédiatement l’indemnisation des victimes en cas de sinistres en attendant la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle ou technologique.

Des conséquences désastreuses pour les entreprises

Amaris milite aussi pour qu’on s’intéresse au sort des entreprises environnantes qui sont mises de côté. Il n’existe pas à ce jour d’aides financières dédiées aux locaux professionnels, comme c’est le cas pour les logements des habitants avoisinants.

Par ailleurs, la majorité des entreprises préfèrent cesser leurs activités plutôt que de s’engager dans des rénovations coûteuses pour adapter leurs locaux.