Dans les années, voire les mois à venir, Intel pourrait bâtir sa première usine sur le Vieux Continent. Des pays comme la Belgique et l’Allemagne ont été mentionnés dans ce projet. Toutefois, avant d’amorcer les travaux, la firme américaine sollicite une subvention de 8 milliards d’euros de la part des gouvernements européens.

À l'échelle de la planète, la pénurie de puces électroniques continue de nuire à l'industrie de nombreux secteurs. Les fabricants d'objets connectés, de smartphones et d'autres produits électroniques semblent résister tant bien que mal à la crise. En revanche, la situation s'avère plus tendue du côté des constructeurs automobiles. Parmi les plus touchés figure l'américain General Motors qui a dû fermer son usine d'Ingersoll (Ontario) le 8 février dernier. Une interruption qui durera jusqu'au 28 juin au plus tôt.

Dans ce contexte, Intel, l'un des leaders mondiaux de semi-conducteurs, semble vouloir tirer profit de la conjoncture. Ce serait pour lui l'occasion d'étendre son empire.


L'Allemagne, une destination privilégiée

En effet, la firme de Santa Clara envisage actuellement de s'implanter en Europe. Elle a récemment annoncé sa volonté d'y instaurer une usine de production de microprocesseurs et de semi-conducteurs. Pour information, la majeure partie des activités d'Intel est jusqu'ici concentrée aux États-Unis.

Pat Gelsinger, le patron de l'entreprise, est aujourd'hui en déplacement sur le Vieux Continent. Il s'est entretenu avec le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton. Les discussions étaient axées sur l'installation de la première usine du constructeur sur le territoire. Des entrevues ont aussi été organisées avec Peter Altmaier, le ministre outre-Rhin de l'Économie.

Par ailleurs, Pat Gelsinger a eu des rendez-vous avec différents professionnels de l'automobile tels que BMW ou Volkswagen. Une assurance jusqu'ici : l'Allemagne est le premier choix de la société américaine pour son projet. Après Tesla, il s'agira de la deuxième plus grande incursion d'un géant américain dans le pays s'il se concrétise. Néanmoins, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas constituent également des destinations potentielles.

Des aides publiques exigées

Le PDG du groupe a livré quelques informations au média bruxellois Politico Europe. Intel demande notamment aux gouvernements européens de lui garantir une compétitivité meilleure qu'en Asie. Ainsi, une subvention d'environ 8 milliards d'euros a été sollicitée.


Face à cette situation, les observateurs estiment que l'Europe dépendra encore longtemps de l'étranger. À ce propos, le groupe VW a annoncé le 30 avril dernier son projet de produire ses propres puces électroniques. Un projet ambitieux, sachant que le secteur est dominé par les Asiatiques et les Américains. D'ailleurs, Thierry Breton a conversé avec Maria Marced, la PDG du géant taïwanais TSMC. Les discussions portaient également sur l'implantation d'une usine en Europe.

En attendant, il faudra patienter jusqu'en 2022 minimum pour voir la situation s'améliorer. Jusqu'à cette échéance, les constructeurs automobiles devront prévoir des délais rallongés pour se faire livrer des semi-conducteurs.