Les champs électromagnétiques (CEM) des téléphones portables auraient une incidence néfaste sur la santé. C’est ce qu’a annoncé l’Organisation mondiale de la Santé dernièrement. Or, cette affirmation est en contradiction avec celle des chercheurs en épidémiologie qui énoncent que les résultats des études toxicologiques animales ne sont pas assez concluants pour indiquer un lien plausible entre le téléphone portable et le cancer.

La classification des champs magnétiques : sujet de confusion ?

En 2011, le Centre international pour la recherche sur le cancer (CIRC), une branche de l’OMS, a classé les champs électromagnétiques de radiofréquence dans le groupe 2B, soit des substances « cancérogènes possibles ».

Cela ne signifie pas pour autant que ces champs puissent être à l’origine d’un effet néfaste pour la santé.

L’organisme a décidé de classifier ces émissions dans cette catégorie après l’annonce des résultats d’une étude menée en 2011 par la revue scientifique Occupational & Environmental Medicine.

Ceux-ci montraient l’existence d’un lien avéré entre le développement d’un cancer et l’exposition intensive (plus de 30 minutes) à des ondes téléphoniques.

Ce choix sur la classification est remis en cause par les chercheurs en bioélectromagnétisme qui rappellent que

« Même les auteurs de la recherche eux-mêmes n’ont pas pu certifier formellement l’hypothèse que les téléphones mobiles provoquent le cancer. Cela requiert la reproduction des résultats avant de pouvoir mettre en avant une interprétation causale ».

Les téléphones mobiles dangereux pour la santé ?

Lors du congrès BIOEM2019, Maria Feychting chercheuse, professeure et directrice de l’unité d’Épidémiologie de l’Institut Karolinska, a fait un état des lieux des changements survenus après l’évaluation du CIRC.

Elle a notamment soulevé le fait que jusqu’à aujourd’hui, aucune étude postérieure n’est venue corroborer la thèse du chercheur Lennart Hardell qui est le seul à avancer qu’il existerait un risque possible de cancer lié à l’usage permanent des téléphones portables.

Au contraire, les études récentes tendent même à remettre en cause ses découvertes.

Au cours de sa présentation, la scientifique Florence Poulletier de Gannes a dévoilé les résultats des études menées sur des rats en 2018.

Ceux-ci ont mis en évidence que la surexposition aux champs magnétiques émis par les mobiles augmente le risque de tumeur.

Au fil des années, les rapports sur le sujet sont contradictoires et les conclusions divergent. Pour l’heure, il n’existe pas de preuve assez plausible pour pouvoir établir que les radiofréquences ont bien un lien avec le cancer.

L’usage des téléphones portables n’est donc pas encore déconseillé.

Pour rappel, il est possible de souscrire une assurance téléphone mobile pour être couvert en cas de panne, casse, vol ou oxydation.