L’industrie automobile est actuellement en pleine phase de transition. Le processus est clairement orienté vers l’électrification des voitures. Indépendamment de leur position sur le sujet, les constructeurs ont été contraints d’adopter cette démarche pour éviter les amendes prévues par les nouvelles normes antipollution. Toutefois, ces dernières n’ont pas eu l’effet escompté dans la lutte contre les émissions de CO2.

La période de transition automobile actuelle est compliquée pour tous les agents économiques, que ce soit sur le plan technologique, financier ou réglementaire. Le problème se manifeste dans l’hésitation des automobilistes devant le choix entre diesel, essence, hybride ou électrique. Les constructeurs eux-mêmes sont confrontés à ce dilemme en raison des mesures prises par les autorités européennes.

Le PDG de PSA, Carlos Tavares, a d’ailleurs dénoncé la sévérité des nouvelles normes antipollution et la brutalité de leur application. À la base, ces réglementations visent à limiter les émissions de polluants en poussant les fabricants à opter pour l’électrification. Toutefois, leurs conséquences risquent de créer la polémique.


Des effets inattendus

Dans un contexte privilégiant le basculement vers l’électrique, les experts commencent à s’interroger sur l’efficacité de cette démarche dans la lutte contre les émissions et sur la position des clients par rapport à ce sujet.

Suite au scandale Volkswagen, les ventes de diesel ont inexorablement chuté, entraînant une augmentation du niveau d’émissions de CO2 sur le Vieux Continent. Un phénomène inévitable, en dépit des apparences. En effet, les moteurs essence émettent plus de CO2 que les blocs diesel. De plus, sur les longs trajets, les essences et les hybrides rechargeables (plus lourdes) réalisent des performances moins convaincantes qu’un modèle diesel équivalent.

Souvent présentée comme la solution écologique ultime, l’électrique renvoie à des questions d’usages et surtout de moyens. 50 % des ventes sur ce marché sont assurées par les professionnels. Pour les particuliers, la hausse des prix est donc inexorable.

Au final, les clients hésitent et se montrent très prudents durant le processus d’achat. Les constructeurs sont dans le même état d’esprit face aux nouvelles normes, mesures fiscales, etc.

Une transition sous contraintes

L’électrification des gammes des marques est généralement associée à une augmentation des prix due aux surcoûts dans le processus de développement et de production. Ce phénomène peut d’ailleurs être constaté sur un comparateur assurance auto.


Cela dit, les nouvelles normes européennes en matière d’émission de gaz à effet de serre s’accompagnent d’une pénalisation particulièrement dissuasive. En effet, les amendes en cas de non-conformité peuvent atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Dans ce contexte, les constructeurs ont été obligés de revoir l’ensemble de leur process industriel et leurs unités de production dans les plus brefs délais. Ils s’efforcent désormais de produire plus de modèles essence, au détriment du diesel, ainsi que des véhicules équipés de blocs essence associés à une batterie et à un groupe électrique.

Certaines marques ont même développé leur propre motorisation électrique, comme Renault avec sa Zoe. Toutefois, cette rupture technologique présuppose des investissements massifs dans de nouvelles chaînes de production. Volkswagen, par exemple, a investi sur cinq ans 30 milliards d’euros dans sa filière 100 % électrique.