Un voyage qui permet de faire de réelles découvertes, garantissant l’épanouissement du voyageur et celui de la population locale. C’est ce qu’il faudra mettre en place au lendemain de la crise sanitaire, selon Christian Delom, secrétaire général de A World of Travel. Cela demandera une évolution de l’offre de la part des acteurs du secteur.

Pour Christian Delom, la crise qui frappe actuellement montre les limites du modèle existant. D'ailleurs, pour lui, il est difficile d'envisager une reprise avec les mêmes approches. Les offres, ainsi que les manières de procéder doivent faire l'objet d'une révolution, y compris dans le tourisme.

En effet, l'idée qu'on se fait du voyage aujourd'hui, ou plutôt avant le Covid-19, s'éloigne de son principe fondateur. Christian Delom appelle ainsi à une action de la part des acteurs concernés pour un renouvellement de l'offre touristique. Cela inclut les opérateurs touristiques, ainsi que les compagnies d'assurance voyage qui devront s'adapter aux besoins des consommateurs.


Remettre de l'humain dans chaque expérience de voyage

Réintégrer la composante humaine dans les produits touristiques, c'est ce que souhaite Christian Delom. Selon lui, il s'agit de l'approche avec laquelle il faut repartir après la crise. En effet, ces dernières années, les offres se sont développées en se concentrant sur la logistique. On ne tenait pas forcément compte du côté humain.

Par ailleurs, on ne parlait plus que des apports économiques du tourisme. Il était question de sa contribution au PIB ou à la balance de paiements, des emplois générés, du nombre de touristes et de leurs dépenses.

La crise sanitaire a prouvé que ce modèle n'est pas immuable. Elle amène ainsi chaque acteur à s'interroger sur la structure à mettre en place à la reprise.

Pour Christian Delom, l'objectif est désormais de concevoir une offre efficace et adaptable. D'une part elle serait appréciée et se concentrerait sur un ressenti et non sur une quantité. D'autre part, elle serait économiquement viable et équitable, produisant de la valeur pour le voyageur et pour la population qui l'accueille. Elle s'adapterait à tous les environnements. Mais surtout, elle mettrait en avant le partage et les échanges, et se construirait autour d'une coproduction entre le voyageur et la population.


Faire de chaque voyage un moteur de l'humanité

Dans cette optique, Christian Delom met en relief l'idée d'une glocalisation. Elle consiste à mener des actions au niveau local puis de les partager globalement. Et non penser global pour agir au niveau local.

L'objectif serait de revenir sur l'essence même du voyage, les raisons pour lesquelles on le pratique. En réalité, il s'agit d'une manière de combler une quête de sens qui nourrit l'humanité. Dans ce cadre, l'être humain ne voyagerait pas pour vivre une expérience identique d'un endroit à un autre. Or, aujourd'hui, c'est le cas. Et le sens de chaque déplacement ne se révèle qu'à travers les partages sur les réseaux sociaux.

Il est donc indispensable de changer de modèle. Et ce, pour que le voyage demeure une source de développement et d'épanouissement pour l'humanité. De plus, le système existant était déjà fragilisé par de nombreuses aspirations sociales et sociétales, notamment :

  • Les préoccupations pour le changement climatique ;
  • Les difficultés pour accéder aux ressources ;
  • Les innovations technologiques ;
  • Les mutations énergétiques ;
  • La quête d'une vie plus lente.

La crise sanitaire a donné une dimension universelle à ces problèmes. D'ailleurs, elle n'a épargné aucun secteur. Naturellement, tous devraient remettre en question leurs fondements, selon toujours Christian Delom.