Une récente étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) met en évidence que l’inhalation de particules fines est plus forte chez les cyclistes et les piétons que chez les automobilistes. En clair, si ce sont ces derniers qui sont à l’origine de la pollution liée au trafic routier, ce sont les personnes se déplaçant à pied ou à vélo qui en paient les frais. Ces résultats surprenants devraient inciter les villes à réorganiser les environnements urbains.

Un besoin urgent de repenser le trafic routier

Dans le cadre de cette étude, 7 000 trajets d'un échantillon de 280 volontaires de 34 à 60 ans ont fait l'objet d'analyses.

Les participants ont été suivis pendant six jours grâce à des capteurs placés au niveau de leur col, dans la « zone de respiration ».

Avec cette technique, il est possible de mesurer la concentration de carbone de suie dans l'air respiré par les individus.

Ce qui fait la particularité de cette recherche par rapport aux études antérieures est qu'elle a pris en compte l'impact d'un effort physique sur la quantité de particules fines inhalées.


En effet, une activité physique conduit mécaniquement à une hausse de la « ventilation minute ». Dès lors, le cycliste subit davantage la mauvaise qualité de l'air.

Pour autant, cette conclusion ne doit pas remettre en cause la pratique du vélo qui est fortement conseillée, mais elle est censée encourager les villes à repenser leur trafic.

Selon Basile Chaix, directeur de recherche à l'INSERM en charge de l'étude,

A travers cette étude, nous espérons attirer l'attention sur l'urgence de restructurer nos environnements urbains. Pour réduire l'exposition des usagers de vélo à la pollution, au lieu de leur demander d'arrêter de pédaler, il est plus judicieux de construire des réseaux cyclables qui leur seront dédiés, bien éloignés des voies routières.

Pour rappel, il est recommandé de souscrire une assurance vélo pour avoir droit à une indemnisation en cas d'accident.

Développer les transports en commun

D'après le coordinateur de l'étude, pour que les cyclistes puissent continuer leur sport tout en évitant au maximum la pollution, il est dans leur intérêt d'adapter leur trajet en fuyant les grandes artères.

Sur le long terme, il propose de repenser la place de la voiture en ville dans la mesure où elle est fortement polluante.

Basile Chaix souligne également qu'

Il faut décarboner en développant les transports en commun. En l'espèce, ce qui fait du bien à la santé fait aussi du bien à l'environnement.