Le patient devrait reprendre une activité physique régulière après un accident cardiovasculaire

La France recense chaque année près de 150 000 AVC (accidents vasculaires cérébraux) et 120 000 infarctus du myocarde. Les professionnels de santé de l’Hexagone sont donc assez familiers avec les accidents cardiovasculaires.

Lorsque les patients survivent, ils doivent se montrer particulièrement attentifs à leur mode de vie et prendre différentes précautions. En effet, selon de nombreuses études sur le sujet, près de 20 % d’entre eux feront une récidive dans les cinq ans, tout au plus, après le premier accident.

Les spécialistes conseillent ainsi de reprendre une activité sportive pour limiter les risques. Il s’agit d’une des meilleures solutions en matière de prévention selon la communauté médicale.

Des programmes destinés au rétablissement du cœur

Les programmes de réadaptation cardiaque sont spécialement conçus pour aider les patients à reprendre une activité physique dans les meilleures conditions possible. Suivis par un cardiologue, ces programmes personnalisés sont réellement bénéfiques après un accident cardiovasculaire. Ils diminueraient les cas de récidives d’environ 25 %, selon le Dr Laurent Uzan, cardiologue du sport.

Pourtant, d’après le Dr Philippe Duc, cardiologue de la plateforme de réadaptation cardiaque de l’hôpital Saint-Joseph à Paris :

« Seuls 30 % des patients suivent des programmes de ce type après un premier accident cardiovasculaire. Ils sont généralement effrayés à l’idée que cela recommence, donc ils n’osent plus faire de sport ».

En revanche, la majorité des participants tendent à poursuivre une activité physique après le programme, selon le cardiologue.

Le programme de réadaptation cardiaque est pris en charge en totalité par la Sécurité sociale pour les personnes qui ont fait un accident cardiovasculaire. Il peut être suivi pendant 2 ou 3 semaines en établissement hospitalier. Le programme peut également être réalisé en ambulatoire, à raison de plusieurs séances par semaine (3 à 5) durant un à deux mois.

Les séances se focalisent généralement sur une activité sportive en particulier (tapis de course, rameur, vélo ou gymnastique). Les cardiologues et les diététiciens fournissent, en parallèle, diverses recommandations concernant la gestion de l’effort et l’alimentation du patient.

Au terme du programme, le patient sera en mesure de trouver son propre rythme et de réajuster son mode de vie. Il pourra pratiquer l’activité physique de son choix. En principe, il n’y a pas de limite en la matière. Les médecins encouragent d’ailleurs toutes les activités permettant d’éviter la sédentarité. De plus, le patient bénéficiera déjà d’une meilleure connaissance de sa condition pour faire le bon choix.

Le sport pour entretenir sa santé cardiaque

Il n’est pas question ici de souscrire une assurance sport et de reprendre immédiatement les activités physiques juste après l’accident cardiovasculaire. Le patient doit respecter les consignes du médecin et prendre quelques précautions pour éviter d’obtenir l’effet inverse. Comme l’explique Dr Laurent Uzan :

« Il ne faut pas reprendre trop précocement, il y a un risque de décompenser, c’est-à-dire de faire un autre accident. A minima, il faut faire un test d’effort, qui fait partie du programme de réadaptation cardiaque. Cela permet de savoir à quel niveau on peut reprendre le sport et jusqu’à quelle fréquence cardiaque on peut pousser son cœur sans danger ».

Ce médecin spécialiste est aussi l’auteur de l’ouvrage « Prenez la santé de votre cœur en main » (Éditions Leduc.s). Il met d’ailleurs en avant les vertus du sport sur la santé des patients en général :

« L’activité physique permet de diminuer tous les facteurs de risques de récurrence d’un accident cardiovasculaire : la pression artérielle, le taux de cholestérol, le diabète, le tabac, l’alcool et l’obésité ».

La reprise progressive d’une activité physique régulière permet de diminuer les risques de récidive de près de 30 %, selon le spécialiste. De plus, il ne s’agit pas d’effectuer un entraînement intensif, mais de pratiquer des activités comme la marche, le vélo, la natation, etc.

Il faut ainsi privilégier les sports d’endurance de faible intensité ou d’intensité modérée, entre 20 et 30 minutes par séance, une à trois fois par semaine, suivant les indications de la Fédération française de cardiologie.

Cela dit, les patients concernés suivent rarement ces conseils de leur propre initiative. Lorsqu’ils sont seuls, ils ont souvent du mal à surmonter la peur et les difficultés, comme le souligne le Dr Philippe Duc.