Depuis 2020, le secteur du BTP en France a affiché une forte hausse de la demande. En raison de celle-ci, la filière bois n’arrive pas à couvrir les besoins, entraînant ainsi une augmentation significative des prix. Sur le marché, des variations peuvent même se produire au cours d’une journée, explique un professionnel.

En terme d'écologie, le domaine du BTP présente un bilan assez négatif en France. En effet, il génère 19 % de la diffusion totale des gaz polluants du pays. À compter du 1er janvier 2022, une nouvelle réglementation environnementale, baptisée RE2020 , entrera en application.

Plus dure contre les émissions climaticides, elle prend en considération l'ensemble des rejets d'un immeuble depuis le début des travaux. Le texte devrait notamment proposer des solutions biosourcées autres que le bois. Parmi les matériaux concernés figurent entre autres la paille et le chanvre. Ces alternatives peuvent se révéler intéressantes dans un contexte où le marché du bois connaît une pénurie.


Se tourner vers le biosourcé

Virginie Wolff, gérante de la société Les Bois du Ried, espère qu'avec la RE2020, ils pourront sortir habilement de cette conjoncture difficile. Ce dénouement est notamment attendu par les acteurs dans la filière mutuelle pro BTP.

Pour preuve, les plus grandes enseignes du bâtiment recourent désormais toutes partiellement au biosourcé . Tel est entre autres le cas de WeWood , l'entreprise d'ouvrage bois fondée en 2020 par Bouygues Construction. D'ici la fin de la décennie, cette dernière vise les 30 % de projets bois, indique un responsable de WeWood.

D'ailleurs, le biosourcé hors bois est déjà convoité. D'après le créateur de la Scop Karibati experte dans ces matières premières, le secteur a évolué de +87 % entre 2019 et 2020 . Sur le marché de l'isolation, le biosourcé tient désormais une part de 10 %.

Dans le futur, les logements plus écologiques pourraient se composer, en dépit des doutes sur les prix :

  • D'isolants fabriqués à partir de balle de riz, de lin ou de chanvre ;
  • D'une charpente en bois mélangée à des bottes de paille.

Trouver des fournisseurs promettant le maintien de leurs tarifs

Pour l'heure, la filière bois connaît des difficultés à répondre à la flambée des besoins dans le BTP depuis 2020. Ainsi, elle fait face à des retards sur la livraison de travaux, l'arrêt des chantiers, ainsi qu'une explosion des prix . Elle était pourtant censée contribuer à l'amélioration du bilan carbone désastreux du bâtiment.


D'après Augustin Malavaud, des variations notables des tarifs peuvent survenir en moins d'un jour. Le chargé d'études de coûts chez Eiffage Construction Bois indique :

C'est la course à celui qui arrivera à signer le bon de commande le plus vite pour rendre le prix ferme. Ce qui est difficile aujourd'hui, c'est d'avoir des fournisseurs qui s'engagent sur la tenue de leurs délais et la tenue de leurs prix.

Si l'ouvrage bois semble plus rapide sur le chantier, la durée nécessaire pour son élaboration s'avère plus important. Avant les pénuries, bâtir avec ce matériau demandait déjà approximativement 30 % de dépenses supplémentaires qu'avec les matières courantes . Dorénavant, les prix davantage élevés et les délais étirés provoquent des réticences. Le chef de produit ITE chez Weber Saint-Gobain craint notamment de ne plus pouvoir amortir les retards et les envolées des coûts .