Face aux nombreux cas de perte et de vol de vélos en France, les députés ont renforcé l’encadrement du marché. Depuis le 1er janvier, chaque engin acheté doit à ce titre être identifié dans un registre national. Ce dernier est géré par IN Groupe. Début mai, l’entreprise affirme avoir déjà stocké 75 000 données dans sa base

D'après les chiffres de la Fédération française des usagers de la bicyclette, les vélos font fréquemment l'objet d'un vol. Chaque année, 400 000 victimes sont recensées dans l'Hexagone. En raison de ce fléau, environ 80 000 Français n'utilisent plus ce moyen de transport. En outre, les autorités totalisent également 150 000 véhicules égarés. Parmi eux, pas plus de 3 % sont redonnés à leur propriétaire. Les autres ne peuvent être remis à ces derniers à cause de l'absence d'immatriculation.

Afin de remédier à ce problème, le législateur a jugé nécessaire d'améliorer l'encadrement du secteur. Différentes dispositions ont ainsi été adoptées dans la loi d'orientation des mobilités.


Dissuader les voleurs

Entrés en vigueur le 1er janvier, certains articles sur les vélos imposent une nouvelle tâche aux marchands. Notamment ceux de modèles neufs pour adultes. Concrètement, ces vendeurs devront identifier les propriétaires selon un système de numérotation. Une mesure qui sera bénéfique aux sociétés d'assurance vélo. Avec les renseignements recueillis sur l'acheteur (contact, adresse, etc.), la bicyclette sera en effet répertoriée dans un fichier national d'identification. Différents acteurs homologués assisteront les distributeurs durant l'octroi des numéros.

D'ici le 1er juillet, la portée du dispositif s'élargira au marché d'occasion. Ce qui devrait dissuader davantage les malfaiteurs à dérober les vélos. À noter que les délinquants revendent en général leur butin à un prix très bas comparé au tarif d'origine.

Il existe des modèles qui ne sont pas touchés par l'obligation. Il s'agit notamment de ceux ayant des roues avec un diamètre moins de 40,65 cm ou de 16 pouces. De même pour les engins de déplacement personnel de type gyropodes, trottinettes, etc., ou les remorques de cycle. Toutefois, les acquéreurs peuvent demander l'immatriculation de leur bien s'ils ressentent le besoin de les sécuriser.

2 millions d'inscriptions d'ici décembre

Dans ce contexte, le fichier d'identification est prévu dans la loi LOM qui a été promulguée en 2019. S'il a connu un retard dans son amorçage, il est aujourd'hui en plein développement. D'après l'entreprise en charge du registre, IN Groupe, 75 000 véhicules sont actuellement enregistrés dans sa base de données. Pour les prochains mois, un chiffre plus élevé devrait être affiché. D'ici décembre, les responsables de la société ont mis la barre à 2 millions de vélos numérotés. Ce qui représente quasiment le volume de ventes comptabilisé dans l'Hexagone en 2020. Dans une échéance plus courte, un représentant d'IN Groupe annonce que :

Les inscriptions atteindront les 100 000 courant mai.

Concernant le procédé, les caractères alphanumériques seront gravés sur le cadre de la petite reine. Pour cela, l'acheteur pourra choisir entre différentes techniques telles que le marquage par micropercussion, l'étiquette autocollante résistante. Quant à la conservation des datas, IN Groupe a misé sur la blockchain.