Afin d’aider les PME à la reprise, l’État a mis en place une aide. Celle-ci est proposée sous forme de garantie pour leurs prêts. Ceci ne semble cependant pas convaincre les investisseurs. Pour les rassurer, la CPME propose d’augmenter le rendement des prêts participatifs. Le but est d’atteindre un taux global de 7 à 8 %.

Les PME comptent sur les prêts participatifs pour se relever de la crise sanitaire. Distribués par les banques, ils sont financés par des investisseurs tels que les gestionnaires d'actifs ou les compagnies d'assurance. Mais face à la situation actuelle, ces derniers hésitent à débloquer les fonds pour des entreprises qu'ils jugent fragiles.

Afin de les encourager, l'État s'est engagé à assumer les pertes qui s'élèvent à 7 milliards d'euros. Il s'agit en quelque sorte d'une assurance crédit. Ce montant sera prélevé sur les prêts de 20 milliards d'euros prévus pour les PME. Cette mesure ne semblant cependant pas suffisante, la CPME propose d'augmenter le taux d'intérêt pour rassurer les investisseurs.


Une contrepartie exigée

Suivant les échanges menés, le taux d'intérêt pour le prêt participatif pourrait se trouver entre 3 et 5 %. À ceci s'ajoute la rémunération pour les aides de l'État, que les entreprises bénéficiaires doivent payer. Mais la CPME propose de l'augmenter de 1,5 à 2 % pour toutes les entreprises. L'objectif est de parvenir à un taux global de 7 à 8 %. Soit l'équivalent de la moyenne des prix pour une obligation convertible.

En échange, les PME souhaitent que les prêts bénéficient à l'ensemble des entreprises dans le besoin. Voilà pourquoi certains dirigeants suggèrent un ticket minimum autour de 250 000 ou 300 000 euros. Ceci permet, selon Germain Simoneau, à l'origine de cette proposition, d'y inclure les entreprises de proximité.

Les échanges qui ont lieu se portent sur un montant en millions. Mais avec une telle somme, les entrepreneurs redoutent que les aides de l'État profitent uniquement aux ETI et aux grosses PME. Des entreprises qui disposent déjà d'un moyen de financement (tel que la dette privée) et qui n'ont pas forcément besoin d'une autre subvention.

Le projet est actuellement étudié à Bercy. À noter qu'il fait partie du plan de relance proposé par le ministère de l'Économie afin d'aider les PME à surmonter la crise.


Un investissement à risques

Le dispositif devrait être mis en application au premier trimestre de 2021, après la validation de la Commission européenne. La proposition de la CPME pourra cependant rouvrir les échanges entre les pouvoirs publics, les investisseurs et les banques.

Sans tenir compte des issues, certains établissements comme la Bipfrance ont déjà mis en place un programme identique. Celle-ci vise notamment les entreprises travaillant dans le tourisme.

D'autres attendent, pour leur part, des solutions concrètes avant de prendre position. Comme le souligne le directeur général du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Daniel Baal :

La nature même de l'investissement porte à une certaine prudence. Quand on investit des fonds d'assurance-vie, on a une obligation de ne pas perdre de capital. Or, sur des quasi-fonds propres, il existe un risque spécifique.

Pour rappel, le prêt participatif permet aux PME de se constituer un capital. Il leur permet en outre d'améliorer leurs capacités financières sans ouvrir leurs actions à des investisseurs externes. Grâce à cette ressource, elles peuvent continuer à emprunter. En effet, il se présente tel un fonds propre. Il n'est donc pas considéré comme une dette dans le cadre de l'analyse financière. Il s'agit d'une créance à long terme, dont le remboursement intervient en dernier lieu.