Les assureurs-vie sont de moins en moins nombreux à autoriser les épargnants à investir la totalité de leurs capitaux sur les fonds en euros. Il reste néanmoins quelques enseignes permettant de mettre en œuvre cette méthode de placement. Les investisseurs particuliers ont désormais intérêt à revoir leur stratégie pour s’adapter à l’évolution du marché.

Selon les données communiquées par la FFA (Fédération française de l'assurance), les épargnants français ont investi 9 milliards d'euros dans l'assurance vie en mars dernier. Environ 35 % de ce montant a été placé sur des UC (unités de compte). Liée à la Bourse, cette formule ne garantit pas les capitaux mobilisés, contrairement aux fonds en euros classiques.

La proportion d'investissement sur les UC a même atteint 40 % avant la crise du Covid-19. Il s'avère ainsi que les particuliers ont décidé de faire preuve de prudence en période de pandémie. Les spécialistes estiment que cette dernière incitera les épargnants à se tourner de nouveau vers le fonds en euros.

Des incitations à la diversification

Malgré la priorité accordée aux UC, certaines enseignes continuent de proposer aux épargnants des offres associées au fonds en euros sans surcoût. Le contrat épargne de Garance, par exemple, a offert un rendement de 3 % pour ce produit de placement pour l'exercice écoulé.


Comme le souligne le directeur délégué de la stratégie et des opérations de la mutuelle, Xavier Couratier

:
Nous sommes une mutuelle et continuons à promouvoir le fonds en euros, car notre rôle, c'est d'assurer le risque, pas de le transférer au client.

Garance rémunère ses épargnants de manière égale, indépendamment de la part de fonds non garantis (UC entre autres) qu'ils détiennent. De plus, les frais de gestion restent identiques, s'établissant à 0,50 % par an pour tous les types de supports.

Xavier Couratier note :

Ainsi l'assuré prend ses décisions d'allocation en fonction du niveau de risque qu'il accepte sans être biaisé dans son choix.

Boursorama, de son côté, compte deux contrats de fonds en euros sans restriction, à savoir Euro exclusif et Eurossima. La banque propose également près de 400 supports cotés en Bourse pour les épargnants intéressés par le potentiel lucratif des marchés. La gestion sous mandat n'est pas facturée sur ces produits.

Les Français craignent toujours autant le risque

Aujourd'hui, la grande majorité des assureurs-vie exigent un taux minimum de placements risqués sur leurs contrats. Il faut par exemple prévoir 30 % d'UC sur l'offre Épargne Retraite 2 Plus de l'ASAC FAPES. Cette formule est couverte par Allianz.

La mesure concerne les investissements à partir d'un certain seuil dans d'autres établissements. Aviva exige notamment des parts d'UC au-delà de 30 000 euros d'investissements sur le contrat Évolution Vie. De même, l'AFER applique cette condition à partir de 100 000 euros. Néanmoins, ce prérequis n'a jamais été officiellement confirmé par l'association jusqu'à présent.


Dans une certaine mesure, ces restrictions ont accéléré le basculement des épargnants vers les unités de compte et autres placements risqués. Cela dit, l'aversion des Français pour le risque reste favorable aux fonds en euros, surtout face à la crise actuelle.

Selon Gildas Robert, qui occupe le poste de senior partner au sein de la société de conseil Optimind :

Le fait que les unités de compte ont attiré une collecte plus importante à la fin de l'année dernière et au début 2020 ne signifiait pas un changement de posture des épargnants français par rapport au risque. C'était simplement le reflet du très bon historique de performance des marchés financiers sur les dernières années.