Les candidats aux élections municipales en métropoles prônent l’utilisation du vélo et soutiennent la mise en place d’une ville cyclable. Les changements sont d’ailleurs déjà en train de s’opérer. En effet, avec le vélotaf qui se développe, la situation s’améliore. Ceci étant, le plus grand défi consiste à lever les blocages psychologiques.

Pratique, écologique et bénéfique pour la santé, le vélo semble désormais incontournable pour se déplacer en ville. La campagne de presque tous les candidats aux élections municipales comporte ainsi une politique vélo. Certains promettent par exemple de rendre cyclables toutes les rues de Paris.

Avec l’apparition du vélotaf et suite au mouvement social contre la réforme des retraites en France, la pratique du vélo affiche une hausse. Cependant, des blocages psychologiques ralentissent encore sa généralisation.

Par ailleurs, bien que souscrire une assurance vélo aide à couvrir les différents risques liés à l’utilisation de ce moyen de déplacement, la sécurité des cyclistes en ville constitue un autre frein.

Plusieurs appréhensions freinent l’usage du vélo au quotidien

Jérôme Sorrel, auteur du livre « Vélotaf, mode d’emploi du vélo au quotidien », œuvre pour favoriser l’usage de ce moyen de ce déplacement pour se rendre au bureau en semaine. Et il n’est pas le seul, car des sondages indiquent que 6 personnes sur 10 sont favorables à cette pratique.


Le vélotafeur aguerri n’est donc pas le seul à comprendre les bienfaits de ce deux-roues pour son utilisateur et l’environnement. D’ailleurs, les politiques sont aussi conscients de ses avantages.

D’après Jérôme Sorrel, la sensibilisation des entreprises et l’intégration du vélotaf dans le programme de ces dernières doivent être les prochaines étapes de généralisation de ce moyen de déplacement.

Malgré tout, seulement 3 % des trajets dans l’Hexagone s’effectuent à vélo. Ce chiffre s’explique notamment par des blocages psychologiques liés au fait que l’usage de ce deux-roues renvoie à un déclassement social. Certains peuvent aussi avoir du mal à l’associer à une tenue correcte. En outre, nombre d’individus voient encore le vélo comme un simple « loisir du week-end ».

La sécurisation des déplacements en ville peut encourager la pratique du vélo

Dans la capitale française, presque tous les candidats aux élections municipales s’accordent sur le fait de mettre en place un Vélopolitain dont le circuit serait exactement le même que celui du métro. Pour sa part, Jérôme Sorrel estime qu’il suffit de rendre le déplacement des véhicules personnels difficiles pour rendre naturelle l’adoption du vélo.

Certaines entreprises adoptent déjà le VAE (vélo à assistance électrique) pour faciliter le déplacement de leurs employés. En tout cas, durant les grèves de décembre dernier, le nombre de passages a été 2,5 fois plus important par rapport aux manifestations de 1995. Jérôme Sorrel explique :

Il s'agit de convaincus qui attendaient l'étincelle pour se mettre en route. Les conditions sont en effet réunies dans la capitale pour cette solution…

Pour accélérer l’usage du vélo, il faudrait davantage sécuriser les déplacements des cyclistes en ville. Les aménagements y afférents et la mise en place d’un réseau de pistes cyclables contribueront à convaincre ceux qui éprouvent de la réticence.