Le Livret A et les fonds en euros font partie des épargnes privilégiées par les Français en raison de leur fiabilité. Cependant, leur rendement a significativement baissé au cours de ces dernières années, à cause de la forte baisse des taux d’intérêt. De ce fait, les épargnants commencent à opter pour des investissements plus risqués, mais proposant de meilleures rémunérations.

Les épargnants français sont traditionnellement attachés à l'assurance vie. Ainsi, malgré un environnement fortement affecté par les taux faibles, ce placement a enregistré des chiffres record l'an dernier. La collecte brute affiche même un montant jamais atteint depuis deux décennies. Cette formule démontre ainsi une résistance remarquable dans un contexte inédit.

Toutefois, cette préférence des Français n'empêche pas le succès d'autres formes d'épargnes jusque-là confidentielles. Les unités de compte, par exemple, ont nettement progressé au dernier trimestre 2019. Les investissements sur ce support ont en effet représenté 41 % du volume total de la collecte brute en décembre dernier. Il s'agit d'une première depuis 2000.

Un système soutenu par les instances publiques

En dépit de la baisse continue des rendements, le placement préféré des Français semble garder sa notoriété auprès du grand public. Ainsi, la collecte nette de l'assurance-vie est restée positive à hauteur de 800 millions d'euros en décembre dernier. D'une manière plus large, elle a progressé de 20 % en 2019. Ce type d'épargne se révèle donc porteur malgré un contexte défavorable.


Conscient des spécificités de l'assurance-vie, l'exécutif s'est efforcé de renforcer la stabilité du système et de limiter les contraintes en matière de gestion, notamment à travers la loi Pacte. Le nouveau fonds euro-croissance a donc été créé pour favoriser les investissements dans le secteur. Le gouvernement a également publié un arrêté donnant aux assureurs la possibilité d'intégrer la PPB (provision pour participation aux bénéfices) dans la grille de calcul pour le ratio de couverture.

Bercy souhaite ainsi conserver le cadre de l'épargne privilégiée des Français. De ce fait, elle ne risque pas de sitôt de se retrouver intégrée au droit commun des successions, malgré le projet proposant cette mesure. En effet, ce changement a encore besoin d'être étudié en profondeur, selon les spécialistes.

Des conditions favorables aux unités de compte

Selon les derniers chiffres de la FFA (Fédération française de l'assurance), la collecte brute de l'assurance-vie en 2019 est évaluée à 144,6 milliards d'euros. Ce qui représente une progression de 3,5 % en un an.

La collecte nette, quant à elle, s'élève à 25,9 milliards d'euros, soit le volume le plus élevé depuis 2010. Les encours ont également augmenté de 6 %. Ils ont atteint les 1 788 milliards d'euros grâce à une tendance à la hausse des marchés. L'année a aussi été favorable aux unités de compte (UC). En effet, 27 % du montant total des cotisations ont été versés sur ces supports d'investissement. D'après le délégué général de la FFA, Arnaud Chneiweiss :

L'année 2019 présente un profil de collecte contrasté avec une inflexion nette de l'épargne vers les unités de compte depuis octobre.

La progression des UC vient, d'une part, de l'évolution de la stratégie des épargnants qui privilégient désormais la rentabilité à la sécurité. De plus, la Bourse était particulièrement favorable l'an dernier, avec les meilleurs indices depuis 2008. D'autre part, les assureurs s'efforcent de limiter la proportion de fonds en euros sur la collecte pour réduire les coûts induits par les taux bas.