Depuis le 1er janvier dernier, l’immatriculation obligatoire des bicyclettes neuves est entrée en vigueur. Dans la majorité des cas, ce sont les détenteurs de modèles à assistance électrique qui montrent le plus d’intérêt pour cette mesure. Cela résulte en grande partie de la prime vélo, mise en place par la Métropole de Montpellier.

Selon les chiffres de l'INSEE, les voleurs de vélos font 400 000 victimes par an. Et sur 100 000 unités qui sont retrouvées, rares sont celles qui sont restituées à leurs propriétaires. Pour cause, les responsables peinent à les joindre, faute de pouvoir identifier les véhicules.

Dans ce contexte, l'immatriculation obligatoire des vélos instituée par la loi d'orientation des mobilités a pris effet le 1er janvier dernier. Un dispositif souhaité par la fédération d'usagers de la bicyclette depuis plusieurs années. Dans les détails, l'acheteur doit remplir un formulaire après numérotation de sa petite reine. Ainsi, la police pourra l'identifier en cas de besoin.


Réduire les recels

Pour le moment, seules les bicyclettes neuves sont concernées. À Montpellier, le co-gérant de Come Bike, Louis Couturier, estime que c'est rassurant pour les consommateurs, sachant que :

[…] Ça permet à la fois de retrouver les vélos et de refroidir les voleurs parce que ça leur rajoute du travail d'effacer le numéro d'immatriculation.

C'est également une bonne chose pour les sociétés d'assurance vélo. Le tour des modèles d'occasion acquis auprès des professionnels arrivera à compter du 1er juillet. Chez Tristan et son associé, patrons d'un magasin spécialisé dans ce segment de marché, cette mesure est fortement attendue. L'immatriculation leur garantira que les marchandises qu'ils reçoivent n'ont pas fait l'objet d'un vol.

L'immatriculation peut se faire de deux manières. L'apposition d'un sticker «indécollable» est la plus prisée. La gravure, elle, n'est pas adaptée pour les cadres en carbone. Dans les deux cas, l'intervention dure un quart d'heure environ et coûte une quinzaine d'euros. Chez Come Bike, ils affirment effectuer jusqu'à 17 immatriculations en un seul après-midi. Depuis janvier dernier, ils en ont totalisé 600, amortissant ainsi l'acquisition d'une graveuse à 4 500 euros.

Une question de formalité

La prime vélo électrique instaurée depuis novembre 2020 par Montpellier Méditerranée Métropole explique également cet engouement pour l'immatriculation. Celle-ci est requise pour se prévaloir du subside dont le montant peut s'élever jusqu'à 500 euros.


Louis Couturier indique que dans cet objectif, les acheteurs viennent chez Come Bike pour procéder à la gravure. Une logique partagée notamment par Valentine qui a financé l'acquisition de sa petite reine en partie avec la subvention. Pour elle :

C'est pour pouvoir bénéficier de l'aide de la Métropole, sinon je ne l'aurais pas fait.

Toutefois, d'autres habitants, à l'instar d'Aurélien Lacaze, ont surtout été attirés par des raisons de protection. D'après ses propos :

C'est une sécurité en plus qui vient s'ajouter à l'antivol.

Ce qui pourrait garantir une meilleure couverture en termes d'assurance vélo. À noter seulement que d'après le co-gérant de Come Bike, 90 % des clients viennent pour un vélo à assistance électrique. L'immatriculation des modèles ordinaires ne représente que 5 %.