La réforme 100 % santé instaurée par le gouvernement s’applique de manière progressive. Ceux qui aspirent à remplacer leurs lunettes et leurs prothèses dentaires en profitent lors de l’achat de certains modèles. Cela, depuis le 1er janvier dernier. Le panier de soins est accessible à tous et n’est aucunement conditionné par les revenus.

De nombreux Français hésitent à se faire soigner, car les consultations et l’achat de certains médicaments ou équipements leur coûtent particulièrement cher. Même en souscrivant une complémentaire santé après avoir effectué une comparaison assurance, il arrive que le reste à charge demeure élevé.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certaines personnes renoncent à se procurer des prothèses dentaires ou auditives. Il en est de même pour les lunettes, comme le confirme Mathieu Escot. Ce dernier travaille au sein de l’UFC-Que Choisir en tant que directeur des études. Le reste à charge zéro a été mis en place pour révolutionner les pratiques, de manière à faciliter davantage l’accès aux soins.

Des exigences différentes selon la profession

Les opticiens doivent exposer au moins 17 montures 100 % santé pour adultes dans leur boutique, contre une dizaine pour les enfants. Ils doivent commencer par présenter ces supports lors de l’établissement des devis, même si les clients concernés ont opté pour d’autres lunettes. En tout cas, toutes les corrections sont possibles et les amincissements de verres sont pris en charge.


Mathieu Escot informe que les patients disposent d’une certaine marge quant à la manière dont ils veulent gérer leur budget :

Il est important de savoir que l’on peut aussi mélanger une monture qui n’est pas remboursée à 100 % avec des verres sans reste à charge, ou l’inverse.

Concernant les soins dentaires en revanche, le RAC 0 concerne désormais les prothèses fixes dont les bridges et les couronnes. Le représentant de l’association défendant les intérêts des consommateurs relate que les clients pourraient être confrontés à des restrictions d’ordre esthétique. Par exemple, les couronnes en céramique ne sont employées que pour les dents visibles.

Les lunetiers et les dentistes doivent informer les patients de l’avancée de la réforme

Les dentistes ont le privilège de recommander à leurs clients d’autres prothèses que celles comprises dans le RAC 0. Toutefois, ils doivent formellement mentionner dans leur devis l’existence des solutions proposées par la réforme, son application étant graduelle.

Par exemple, 2021 sera marquée par l’intégration des prothèses amovibles (telles que les dentiers) dans le panier de soins couvert par la réforme. Au cours de la même année, les demandeurs de certains modèles de prothèses auditives pourront aussi bénéficier de ce système de couverture. En 2020, l’assiette de remboursement est tout simplement relevée.

Pour bénéficier du dispositif, il est nécessaire d’être rattaché à une complémentaire. Ce qui est le cas de la majorité des Français (96 %), d’après le spécialiste de l’UFC-Que Choisir. Par ailleurs, les contrats d’assurance santé doivent être responsables. Ceux qui ne remplissent pas ces conditions doivent se mettre en règle avant de profiter des avancées de la réforme, comme le précise l’Assurance Maladie.