Quand une personne a recours à l’autopartage, elle économise 1,5 à 3 places de parking. De même, 5 à 8 voitures individuelles sont ôtées de la circulation. C’est ce que révèle le bureau d’études spécialisé en mobilité 6t. Il ajoute toutefois que les conséquences engendrées demeurent peu significatives à l’échelle nationale. Le point sur ce sujet.

Dans un contexte de grève des transports, les opérateurs proposant des services de location de véhicules en free floating augmentent leur chiffre d'affaires. À titre d'exemple, Ubeeqo, une branche d'Europcar Mobility Group, enregistre deux fois plus de réservations. Quant à la jeune pousse Getaround, elle fait état d'une augmentation de 50 % de son activité.

Malgré cette opportunité qui s'offre aux plateformes dédiées et en dépit des offres d'assurance en la matière, l'impact de cette pratique qui favorise la transition écologique reste minime. Pour parvenir à ce constat, 6t a collecté les réponses formulées par 3 777 consommateurs.

Un service dédié aux populations urbaines qui ne veulent pas posséder de voiture

Après avoir analysé les données récoltées entre les mois de juillet et de septembre 2019 auprès des adeptes de l'autopartage en boucle, 6t a pu dresser le profil type des consommateurs. Le bureau d'études avance que 75 % des usagers habitent dans les grandes villes, quand seulement 4 % des clients vivent en zone rurale. La grande majorité d'entre eux sont des intellectuels.


Si nombre de Français se tournent vers cette solution de mobilité, c'est parce qu'ils souhaitent :

  •  préserver l'environnement (74 %) ;
  •  ne pas dépenser de l'argent dans l'entretien d'un véhicule (82 %) ;
  •  ne pas devenir propriétaires d'un véhicule (81 %).

Si l'autopartage permet de diminuer le taux d'usage de la voiture personnelle, le bureau d'études souligne que les autopartageurs ont aussi la possibilité de revendre leur automobile. Dans ce cas, les usagers peuvent envisager de prendre plus souvent le vélo ou de réaliser une partie de leur trajet à pied.

Une activité encore peu impactante ?

Cela fait maintenant quelques années que les services d'autopartage comptent parmi les solutions d'écomobilité proposées dans le paysage urbain. Ils permettent de réduire considérablement les distances parcourues en voiture (jusqu'à 40 000 kilomètres par an). En même temps, 77 % des personnes interrogées déclarent qu'elles se sont séparées d'au moins un véhicule appartenant au ménage.

Néanmoins, l'étude relate que ce marché de niche ne profite pas encore à l'économie, en raison notamment du caractère marginal de la pratique. En effet, si le nombre de kilomètres parcourus en voiture s'élève au total à 674 milliards, la réduction engendrée par l'autopartage est inférieure à 100 millions.

Dans le même ordre d'idées, le recours à l'autopartage entraîne une diminution du nombre de voitures circulant sur les réseaux routiers de 12 500 à 20 000 unités. C'est peu quand on considère que la flotte hexagonale est composée de 32 millions de voitures.