Fin avril, des rumeurs de fusion entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) étaient apparues. La concrétisation de ce projet aurait permis aux deux enseignes de gagner une forte présence en Europe et à travers le monde. Cette fusion aurait en outre permis à la marque italo-américaine de collaborer avec les partenaires asiatiques du constructeur français.

La proposition a été examinée par le conseil d’administration de Renault le 27 mai dernier. Finalement, la fusion n’a pas eu lieu. Trop audacieuse, elle prenait en compte trop des variables qui représentaient également des obstacles importants. L’avènement d’un leader automobile mondial ne sera donc pas de sitôt.


Quels étaient les points nécessaires à la fusion ?

Pour que l’union de FCA et de Renault soit effective, il aurait fallu que l’entreprise française obtienne l’accord de Nissan, son partenaire stratégique. Si le constructeur japonais n’était pas contre cette fusion, il a fait savoir qu’il souhaitait toutefois se concentrer sur son redressement économique. Les deux constructeurs devaient donc se mettre d’accord avant de lancer toute tentative de fusion avec FCA.

Du côté du gouvernement français, les autorités avaient demandé à la marque italo-américaine de verser un dividende important aux actionnaires de Renault afin de faciliter ce projet. Cette démarche aurait ainsi permis aux deux enseignes de se positionner comme des égales et empêché FCA de prendre le contrôle de la marque française.

Cette union aurait apporté de nombreux avantages aux deux parties. Pour Fiat Chrysler, l’ouverture du marché asiatique et la possibilité d’électrifier plus facilement ses différents modèles. Quant à Renault, la fusion lui aurait permis de s’implanter en Amérique du Nord et de conquérir un nouveau public qui l’ignorait jusqu’à présent.

Cependant, FCA a soudainement retiré son offre de fusion avec Renault. De nombreuses raisons ont été avancées par les deux parties pour expliquer cet échec.

Pourquoi la fusion entre les deux constructeurs a-t-elle été annulée ?

Si le mariage de Fiat Chrysler et de Renault s’était concrétisé, de nombreux changements seraient survenus dans le secteur de l’automobile et les domaines qui y sont rattachés. Cela aurait donc inclus le secteur de l’assurance et bien d’autres.


D’après FCA, c’est le gouvernement français qui serait à l’origine de l’échec du projet. Les conditions politiques dans l’Hexagone ainsi que des exigences particulières de l’État ont convaincu le constructeur italo-américain de ne pas valider la fusion. Les autorités françaises, quant à elles, ont dénoncé le manque de garanties proposées par l’entreprise outre-Atlantique.

D’autres points ont également été soulevés. Récemment, le PDG de Nissan, Hiroto Saïkawa, a déclaré que ce projet aurait nécessité des arrangements trop complexes. Le partage des technologies utilisées ainsi que la mise en commun des usines de production en France, au Japon et éventuellement en Italie auraient été trop problématiques selon lui.

Enfin, certains actionnaires minoritaires de Renault se sont élevés contre cette décision. Le fonds activiste Ciam, l’un des concernés, a déclaré que le constructeur français était sous-évalué dans les accords. Catherine Berjal, sa présidente, explique que FCA aurait grandement profité de la fusion – tant au niveau industriel que financier – au détriment de Renault.