Face à la grogne des opposants à la réforme des retraites, le Premier ministre a annoncé le retrait provisoire de l’âge pivot du projet de loi. Une décision saluée par la CFDT et l’Unsa qui se réjouissent d’avoir gagné leur bras de fer contre le gouvernement. De leur côté, la CGT, la FO ou encore le CGC ne semblent pas se satisfaire de ces annonces et appellent à poursuivre les grèves.

La crainte de réformes par ordonnance

Si la CFDT est satisfaite de l'annonce du Premier ministre de retirer l'âge pivot à 64 ans du projet de réforme des retraites, le CGT a déclaré qu'il s'agissait juste d'un retrait provisoire et que cet âge de départ collectif allait finir par s'imposer.

Le souvenir de la réforme de l'assurance-chômage est encore vif dans la mémoire des syndicalistes qui souhaitent poursuivre la contestation.

À titre de rappel, ladite réforme a été confiée aux partenaires sociaux qui étaient chargés de trouver des solutions. Après le constat d'échec, le gouvernement a fini par imposer sa solution pour dégager 3 milliards d'euros d'économie.


Pour cette fois encore, Édouard Philippe confie la recherche d'une alternative à l'âge pivot aux partenaires sociaux. Ces derniers ont trois mois jusqu'en avril pour éviter cet âge collectif de départ assorti d'une retraite par point.

Yves Veyrier, leader de la Force Ouvrière, estime que

« Cet âge pivot finira par s'imposer en l'état actuel des choses ».

La retraite : l'équilibre des comptes difficile à chercher

Dans les prochaines discussions qui vont bientôt s'ouvrir entre les syndicats, le patronat et d'autres acteurs devront déterminer le meilleur système pour assurer l'équilibre des comptes tout en assurant une justice sociale. L'âge pivot de 64 ans a ainsi été motivé par la population vieillissante. Selon le gouvernement, il était donc nécessaire de travailler plus. Une mise en application dès 2022 était envisagée.

Avec le retrait provisoire de ce critère dans le projet de loi sur la retraite, deux points essentiels sont à respecter lors de la conférence de financement :

  • ne pas toucher au montant des pensions ;
  • ne pas augmenter le coût du travail.

Ce qui exclut d'emblée une hypothétique hausse des charges patronales.