Dans l’Hexagone, conduire sa voiture personnelle revient nettement plus cher qu’emprunter les transports en commun. Les élus locaux et les entreprises œuvrant dans le secteur ont tenu à le rappeler aux consommateurs français lors de la journée du transport public. Selon la région, les coûts peuvent être sept à seize fois plus élevés pour les automobilistes.

En raison de l’énorme écart de prix, les Français pourront faire des économies en privilégiant les transports publics à leur véhicule personnel. Des chiffres le prouvant ont été récemment communiqués par les collectivités locales et les professionnels des transports. Ces derniers étaient représentés par le Groupement des autorités responsables de transport (GART) ainsi que l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP).

Pour les habitants des provinces, les déplacements en voiture peuvent coûter jusqu’à seize fois plus cher par rapport au bus, au train, au métro ou au tramway. La différence descend à sept fois plus pour les Franciliens. Les transports en commun sont effectivement un peu plus chers en Île-de-France.


Un outil incontournable pour un Français sur quatre

Les calculs présentés par les élus locaux, le GART et l’UTP se basent sur les frais générés en moyenne par une Clio essence (incluant l’assurance, le carburant, l’entretien, le péage, le garage, etc.). Ainsi, pour pouvoir circuler en voiture, l’usager devra dépenser 505 euros environ par mois, soit un budget annuel de 6 063 euros.

En revanche, s’il décide de prendre les transports en commun, cette initiative ne lui coûtera en moyenne que 31 euros par mois en province, contre 75,20 euros en Île-de-France. L’écart est déjà très marqué ne serait-ce qu’au niveau du budget mensuel.

Cependant, tout le monde n’a pas la possibilité d'abandonner son véhicule personnel du jour au lendemain. Le mouvement des Gilets jaunes en 2018 l’a d’ailleurs démontré. Au début, ces manifestations ont été provoquées par la hausse de prix des carburants. Pourtant, de nombreux Français dépendent totalement de leur voiture en raison du manque de transports collectifs dans leur région.

D’après les chiffres fournis par l'UTP, environ 75 % de la population répartie sur 24 % du territoire ont accès à des transports en commun satisfaisants. Autrement dit, des réseaux qui proposent un service et une fréquence permettant de se déplacer sans problème.


D’un autre côté, les 25 % vivant sur 75 % de la France ne peuvent compter que sur leur véhicule personnel pour les déplacements quotidiens. Néanmoins, la future loi d'orientation des mobilités (LOM) devrait bientôt réduire cette inégalité en obligeant les élus locaux à trouver des solutions adéquates en matière de transport.

Comme l’explique le directeur général du GART, Guy Le Bras :

« Les 900 communautés de communes vont devoir mettre en place des autorités organisatrices pour développer des moyens de transport d'ici à 2020. À défaut, les régions seront sollicitées ».

De nombreux avantages par rapport au reste de l’Europe

Il est assez facile de mesurer concrètement l’avantage financier des transports en commun en confrontant les prix appliqués dans le secteur comme un automobiliste le ferait sur un comparatif assurance. Il faut savoir que :

  • le ticket coûte en moyenne 1,25 euro en province, contre 1,90 euro à Paris ; 
  • à Bruxelles (Belgique), il s’élève à 2,10 euros ; 
  • Londres (Royaume-Uni) affiche en moyenne 3,15 euros ; 
  • à Stockholm (Suède), il faut prévoir 4,20 euros pour prendre les transports en commun.

La France fait ainsi partie des pays les moins chers dans le domaine en Europe. D’autre part, l’écart de prix entre la voiture et les transports s'accentue au fil des années. Selon l'Insee, de 2008 à 2018, le prix des tickets a seulement augmenté de 8,5 %, tandis que la voiture a connu une hausse de 19,6 %.

La hausse de prix pour les transports en commun a même été inférieure à l'inflation (estimée à 10 %). Par ailleurs, il s’agit du service public qui a connu la plus faible augmentation ces dix dernières années. À titre de comparaison, l'eau affiche une hausse de 25,4 %, contre 33,9 % pour l'électricité et 46,6 % pour les services postaux, d’après les chiffres de l'Insee.


Toutefois, même si les usagers sont relativement épargnés en France, les contribuables et les entreprises sont sollicités pour apporter leurs contributions. Concrètement, le voyageur paye seulement un tiers du prix total du ticket de métro, tandis que les entreprises (via le versement mobilité) et les collectivités (à travers les impôts locaux) prennent en charge le reste, sois les deux tiers du montant.

Selon le délégué général de l'UTP, Claude Faucher :

« Si l'usager devait supporter seul le prix du billet, il devrait payer plus de 4 euros. Cela permet au plus grand nombre de pouvoir voyager en transport en commun ».