Depuis 2019, Paris a banni les voitures essence dépassant les 21 ans et les diesels de plus de 18 ans. Les autorités ont, en revanche, décidé de ne pas sanctionner immédiatement les pollueurs traversant les ZFE. Ce sursis visait à éduquer les automobilistes parisiens avant de passer à la pénalisation. Les verbalisations commenceront toutefois dès la fin de l’année.

L'exécutif est actuellement soutenu par une myriade d'acteurs publics et privés dans la lutte contre la pollution atmosphérique. Ainsi, la réduction du taux de CO2 représente désormais l'objectif commun des villes, des collectivités, des professionnels en assurance, etc. Dans ce contexte, les automobilistes doivent aussi participer à la démarche, en respectant notamment les zones à faible émission (ZFE).

En principe, ces espaces urbains sont interdits aux voitures jugées polluantes. La ZFE du Grand Paris, par exemple, fait partie des périmètres concernés par ces nouvelles mesures. L'État avait jusqu'ici accordé un délai aux automobilistes avant de verbaliser ce type d'infraction. Les radars dédiés seront ensuite déployés dans tout l'Hexagone.


Des pénalisations exigées par une situation critique

La ZFE de l'agglomération parisienne est entourée par l'A86 et s'étend sur 49 communes. Pour rappel, le Grand Paris compte en tout 79 communes. Ainsi, cette zone concentre plus de 70 % des habitants de la région.

Cette mesure est supposée restreindre l'utilisation de la voiture et réduire la pollution atmosphérique sur le long terme. En centre-ville, les voitures classées Crit'air 4 et 5 sont proscrites entre 8 h et 20 h en semaine. Le non-respect de ces dispositions est ainsi passible d'une verbalisation. Comme l'a récemment souligné Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué des Transports :

En France comme ailleurs, on n'aime pas beaucoup recevoir des amendes. […] Mais les zones à faibles émissions, ce n'est pas une question d'infraction routière, c'est une question de santé publique. Il y a des vies qui sont en jeu.

Malgré l'urgence de la situation, les pouvoirs publics ont privilégié la sensibilisation et la pédagogie au début du projet. Cependant, cette période de grâce touchera bientôt à sa fin, laissant ainsi la place aux contrôles automatisés et aux sanctions.

Le dispositif anti-infraction comme modèle

Dès sa création, la ZFE du Grand Paris a proscrit les Crit'air 5 et les vieux modèles non classés. Les autorités locales se sont toutefois contentées de prévenir les conducteurs durant la phase de transition. Les sanctions prévues seront néanmoins appliquées aux contrevenants dès la fin de l'année. Selon le ministre tutelle, Jean-Baptiste Djebbari :

Nous sommes maintenant dans une phase d'exécution et de mise en œuvre, en lien avec le ministère de l'Intérieur et l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions.

Autrement dit, les autorités appliqueront des mesures dissuasives à partir de la période fixée. Les citoyens veilleront ainsi à respecter les consignes concernant ces zones à faibles émissions. D'ailleurs, ils ont eu suffisamment de temps pour s'habituer aux contours de ce périmètre.

Concrètement, les pouvoirs publics lanceront la verbalisation à l'aide de la vidéo à la fin de cette année. Les radars seront ensuite développés progressivement à partir de cette date. Au final, l'objectif est d'instaurer un système de contrôles automatiques et efficaces comme sur les excès de vitesse.