Dans une étude, publiée dans la revue Current Biology, une équipe de chercheurs français s’est penchée sur les effets d’un entraînement intense. Ils y révèlent qu’avec un rythme excessif, le sportif peut être sujet à une fatigue cérébrale, susceptible de provoquer un burn-out. Une expérience menée sur une trentaine d'athlètes a permis de le confirmer.

36 % des Français ont déjà été victimes de burn-out au cours de leur carrière professionnelle. Cet état affecte d’ailleurs des travailleurs issus de milieux professionnels très variés. Selon les chercheurs, la fatigue et la diminution du contrôle cognitif pourraient en être à l’origine.

Les signes d’épuisement ne sont pas nécessairement liés au travail. Le surentraînement fait également partie des causes relevées.

Ce facteur a été identifié suite à une recherche menée par des scientifiques de l’Université Nice Sophia Antipolis, de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance).


Un risque d’épuisement cérébral élevé

Le risque de burn-out augmente notamment lorsque le sportif suit un programme d'entraînement intensif. En effet, l’impact d’un surentraînement sur le cerveau est identique à celui d’un travail intellectuel intense. Il provoque une fatigue cérébrale, qui se manifeste par une baisse de l’activité du cortex préfrontal latéral.

Cette partie du cerveau se trouve pourtant à la base des fonctions cognitives de l’individu. La réduction de son activité et la fatigue favorisent ainsi le développement d’un burn-out.

Pour autant, le syndrome de surentraînement n’est pas facile à repérer. Selon les médecins, il se manifeste par une fatigue chronique qui persiste même après l’étape de la récupération.

Il est également possible de l’identifier par des symptômes pouvant se présenter fréquemment tels que les troubles du sommeil, les troubles de l’humeur, la fatigue ou encore les douleurs musculaires.

Des symptômes auxquels les sportifs doivent donc être attentifs. En effet, le surentraînement n’est pas sans conséquence. Il nuit en premier à leurs performances. À cause de la fatigue, le sportif aura tendance à se limiter à des gratifications de courte durée au lieu de chercher à réaliser des objectifs à long terme. Il sera également sujet à l’impulsivité.

Faire du sport sans excès

Par ailleurs, le surentraînement peut provoquer des blessures. Certes, l’assurance sport peut prendre en charge les soins nécessaires, mais il reste important de limiter les risques. En ce sens, les chercheurs recommandent de faire du sport tout en évitant un rythme trop soutenu.

Leur étude, menée sur 37 athlètes masculins issus de l’INSEP, a en effet confirmé les impacts de l’entraînement excessif sur la santé.


Les athlètes observés ont été répartis en deux groupes. Le premier sous-groupe s’est entraîné en suivant son rythme habituel, pendant que le second a prolongé la durée de l’entraînement de 40 %, durant trois semaines.

L’observation a été réalisée durant neuf semaines. Les athlètes ont été suivis au moyen de tests comportementaux, d’IRM et de questionnaires concernant leur état de fatigue. Durant leur jour de récupération, les chercheurs leur ont également proposé des séances de vélo pour évaluer leurs performances.