Bien avant la crise sanitaire, Ryanair pouvait déjà se targuer d’être l’un des opérateurs les mieux positionnés parmi les transporteurs aériens européens. Et en publiant son bilan annuel pour la période d’exercice de 2021 – 2022, l’enseigne a démontré qu’elle a bien fait de creuser l’écart par rapport à ses concurrents, grâce à la stratégie ultra-volontariste adoptée en 2021.

Avec les fermetures des frontières et les restrictions de déplacement liées à la crise sanitaire, les opérateurs aériens se sont affichés en tête de liste des plus impactés. D'ailleurs, ils continuent d'en subir de plein fouet les conséquences se manifestant essentiellement à travers de lourdes pertes en chiffres d'affaires, une dette élevée et une certaine difficulté à reprendre l'envole, malgré la réouverture.

Du moins, pour la grande majorité puisque dans le lot, Ryanair fait figure d'exception en faisant preuve de résilience particulière face à la crise et en faisant en sorte de s'en sortir plus vite que les autres et d'être plus fort qu'en 2019.

Ce groupe irlandais présent en Europe à travers quatre compagnies low cost le prouve à travers son bilan annuel 2021 -2022 clôturé à fin mars dernier.


Le transporteur a navigué à contre-courant

Depuis la crise sanitaire, la grande majorité des compagnies aériennes ont choisi le repli comme stratégie en attendant que la situation se calme. Ce qui n'était pas le cas de Ryanair qui a navigué à contre-courant en enclenchant la vitesse supérieure dans ses investissements depuis printemps 2021 comme l'explique Michael O'Leary, son directeur général s'exprimant en ces termes :

Nous avons continué à investir en 2021 en prenant livraison de 61 Boeing 737 « game-changer », des 737 MAX, qui consomment 16% de moins, pour 4% de passagers en plus.

Et d'ajouter :

Nous avons aussi couvert nos besoins de carburant à 80 % d'ici à fin 2023, à un prix très inférieur à ceux du marché.

En procédant ainsi, cet opérateur comptait faire d'une pierre, trois coups :

  • Gagner en compétitivité sur ses concurrents en proposant les prix les plus bas ;
  • Restaurer son niveau de réservation ;
  • Gagner des parts de marché.

Les efforts ont payé

En adoptant la stratégie offensive, Ryanair a certes fait un choix hasardeux aux yeux de certains analystes. Mais en portant un regard sur ses résultats annuels 2021-2022 publiés récemment, il serait facile de conclure que ses efforts ont payé et ont permis aux acteurs de l'assurance voyage de tirer leur épingle du jeu par la même occasion.

Pour ce qui est de la compétitivité par exemple, la compagnie est la première à afficher le redressement le plus fort et le plus rapide parmi les opérateurs présents sur le Vieux continent. Pour s'en convaincre, il suffit de porter un regard sur la progression de ses parts sur les principaux marchés sur lesquelles, elle est positionnée. Soit à hauteur de :

  • 14 points en Italie ;
  • 11 points en Autriche ;
  • 10 points en Pologne à 35% ;
  • 7 points en Irlande à 56% ;
  •  2 points au Royaume-Uni à 22%

En France, le groupe est tout simplement à la troisième place du classement. Quant à son niveau de réservation, le nombre des passagers qui a triplé par rapport à la période d'avant-crise en passant de 27,5 à 97,1 millions est une preuve suffisante qu'il a surpassé ses objectifs. En ce sens, ses dirigeants ne se sont d'ailleurs pas retenus pour dire que Ryanair est le premier opérateur à renouer avec la croissance dès cette année en se manifestant à travers :

  • Une offre estivale de 15% supérieure à celle de 2019 ;
  • Plus de 700 ouvertures de lignes depuis l'été dernier ;
  • 15 nouvelles bases.

Dans le domaine de la rentabilité, l'enseigne a également enregistré une performance encourageante lui permettant de réduire à 335 millions d'euros ses pertes liées à la crise qui étaient encore élevées à 1,01 milliard en 2021.

Soit, autant d'indicateurs positifs permettant à l'entreprise de se fixer d'ambitieux objectifs pour 2023 en matière de nombre de passagers. Soit :

  • 165 millions contre 149 millions en 2019 ;
  • 185 millions en 2024 ;
  • 205 millions en 2025 ;
  • 225 millions en 2026.