La trottinette électrique s’impose comme une solution intéressante par rapport à la saturation imminente des transports dans les zones urbaines. Il s’agit en effet d’une forme de mobilité écologique et très pratique sur les trajets relativement courts. De plus, cette solution est désormais plus accessible grâce au parc de trottinettes en libre-service (free floating) disponible dans les grandes agglomérations.

Selon les analystes, les villes concentreront plus de deux tiers de la population mondiale d'ici 30 ans. Cette évolution oblige les grandes agglomérations à se réinventer d'urgence. Les villes doivent notamment revoir leur organisation en matière d'urbanisme, d'équipements publics, de gestion de déchets et de transports.

Dans ce contexte, les mobilités alternatives s'imposent comme des solutions prometteuses sur le long terme. La hausse de la souscription d'assurance trottinette électrique témoigne par ailleurs de la prise de conscience des consommateurs dans ce domaine. Ils se sont en effet rendu compte que ces modes de transports permettent de couvrir leurs déplacements quotidiens en ville.

Une mode encourageante

Les trottinettes en free floating sont apparues dans l'Hexagone en 2018. Cette solution relève de la mobilité partagée au même titre que les vélos, les scooters et les voitures en libre-service. Il faut souligner que ces alternatives sont très prisées des Français depuis quelques années.


Selon le bureau d'études 6t, en collaboration avec l'Ademe, 7 % des usagers affirment utiliser ce type de véhicule chaque jour ou presque pour leur déplacement domicile-travail. Par ailleurs, 38 % des sondés utilisent une trottinette électrique en libre-service au moins une fois par semaine.

Deux ans après le déploiement de ces véhicules partagés, les gestionnaires de flotte se félicitent de leur succès. Toutefois, la prolifération des trottinettes en libre-service inquiète les collectivités et les usagers de la route, notamment par rapport à l'encombrement de la voie publique. Les opérateurs de flottes doivent ainsi prendre des mesures à cet effet, en collaboration avec les autorités locales.

L'opérateur de trottinettes électriques suédois Voi, par exemple, a créé des parkings incitatifs à Marseille pour limiter les risques en matière de stationnement sauvage. Afin de protéger les autres usagers de la route, des zones de stationnement interdites et des zones à vitesse réduite ont également été mises en place.

La ville d'origine de Voi, Stockholm, a d'ailleurs décroché le prix CIVITAS en octobre 2019. Décernée tous les ans, cette distinction récompense la ville européenne proposant les transports les plus sûrs et les plus écologiques. Il s'agit d'un exemple à suivre pour la cité phocéenne.

Une solution incitant au déplacement intermodal

La voiture individuelle est de moins en moins populaire dans les grandes agglomérations. En Île-de-France par exemple, les trajets réalisés avec ce moyen de transport ont baissé de 4,7 % depuis 2010. Ce phénomène s'explique notamment par la hausse continue du coût des carburants, l'évolution de la réglementation et la fréquence des embouteillages en centre-ville.


Chaque année, les Franciliens passent près de 150 heures dans les embouteillages, contre 146 heures pour les Marseillais. Dans les deux cas, l'automobile commence à devenir un problème plus qu'une solution en matière de mobilité. Les citadins tendent ainsi à privilégier les transports collectifs pour éviter les soucis liés à la voiture.

Toutefois, ces derniers ont souvent du mal à absorber l'augmentation soudaine du flux d'usagers dans certaines grandes villes. Marseille, par exemple, compte actuellement 1 129 kilomètres de lignes de bus, de tramways et de métros. Pour sa part, Lyon en possède 3 886 kilomètres. D'autre part, les embouteillages affectent également les bus qui se déplacent en périphérie.

De ce fait, il devient urgent d'encourager l'usage de moyens de transport alternatifs comme la trottinette électrique pour répondre aux besoins de mobilité des habitants des grandes villes. Marseille a par ailleurs été interpellée par Greenpeace dans un rapport datant de décembre dernier, concernant son manque d'initiative pour améliorer la qualité de l'air.

Dans la pratique, les défenseurs de la trottinette en libre-service ne cherchent pas à remplacer les transports collectifs, empruntés par 90 % des Marseillais une fois par mois minimum. Ils visent surtout à compléter ces solutions en incitant la population à opter pour une utilisation intermodale.