Afin d’enrayer la pandémie de Covid-19, les pays européens ont pris des mesures restrictives concernant les déplacements transfrontaliers. Toutefois, ces nombreuses décisions unilatérales ont fini par semer la confusion parmi les touristes et les voyagistes. L’UE (Union européenne) s’efforce ainsi de rétablir l’ordre sur tout le territoire. Dans cette optique, elle a récemment fourni des recommandations sur ces restrictions.

La crise sanitaire actuelle a favorisé la sollicitation excessive des contrats d'assurance voyage dans le monde. Entre le confinement et la fermeture des frontières, les assureurs et les professionnels du voyage ont par ailleurs dû gérer une conjoncture sans précédent. De plus, la situation tend à se compliquer en raison de la disparité des mesures prises par chaque pays.

Après un été assez désordonné, l'UE a récemment présenté une proposition de directives afin d'harmoniser les mesures sanitaires appliquées dans les pays membres. Ainsi, les voyageurs européens seront moins désemparés lors des vacances à venir, notamment celles de la Toussaint. Bruxelles a récemment ouvert le débat sur ces recommandations.


Des communications indispensables

La Commission européenne conseille aux États membres de communiquer régulièrement les restrictions en vigueur sur leur territoire. Elle suggère que les modifications soient annoncées le jeudi et appliquées le lundi suivant. De cette manière, les professionnels et les voyageurs ne seront plus surpris par les changements soudains de consignes.

Les ambassadeurs européens se sont récemment accordés sur l'importance de la coordination entre les membres de l'UE. Toutefois, certains États considèrent la Commission comme trop ambitieuse avec ses recommandations. Ainsi, la Hongrie a récemment rejeté les critiques de Bruxelles par rapport à sa décision de fermer ses frontières.

En tout cas, le désordre qui règne actuellement déroute les Européens. Ces derniers ont des difficultés à s'adapter aux différentes consignes variant selon le pays et pouvant changer sans préavis. Comme l'a souligné Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne :

Nous devons garantir plus de clarté et de prévisibilité.

Les autorités européennes proposent aussi de classer les pays suivant trois critères. Parmi ces conditions, la Commission considère notamment le taux de positivité sur les dépistages durant 7 jours et le nombre de nouveaux cas sur 100 000 habitants en 14 jours. Enfin, chaque pays devra révéler le nombre de tests réalisés par semaine pour 100 000 personnes.


Des consignes qui priorisent les tests

Les recommandations de la Commission prévoient notamment la publication hebdomadaire d'une carte Covid par l'ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies). Elle permettra de classer les zones du territoire européen en trois couleurs, à savoir rouge, orange et vert. Le principe est le même que celui de la carte du déconfinement en France.

Les zones rouges feront référence à celles qui enregistrent plus de 50 nouveaux cas en 14 jours et un taux de positivité supérieur ou égal à 3 %. Cette couleur s'appliquera également aux régions affichant un nombre de cas confirmés dépassant 150 pour 100 000 habitants en 14 jours.

Les zones grises correspondront aux territoires qui fournissent des informations insuffisantes ou ne réalisent que peu de dépistages. L'UE envisage de rendre obligatoires les restrictions de voyage dans ces régions. Néanmoins, il revient à chaque pays membre de prendre les mesures adaptées, selon le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders. Pour sa part, la présidente de la Commission européenne note :

Nous pensons qu'aucun citoyen de l'Union ne devrait se voir refuser l'entrée dans un autre pays européen. […] Au lieu de cela, nous recommandons aux gouvernements d'utiliser des tests ou la quarantaine. Le dépistage devrait être l'option privilégiée.