En raison de l’immobilisation de la plupart des véhicules, le confinement a entraîné une baisse significative du nombre d’accidents de la route en France. Les compagnies d’assurances ont donc pu faire d’importantes économies sur les indemnisations de ce type de sinistre. Les consommateurs espèrent ainsi une réduction généralisée des primes durant la période post-confinement.

De nombreux automobilistes ont envisagé de procéder à une résiliation assurance en raison du confinement. Le paiement des cotisations semble en effet superflu pour un véhicule immobilisé à cause des restrictions de déplacement appliquées sur tout le territoire français. Toutefois, il n’est pas possible de suspendre ou de mettre fin à sa couverture durant la quarantaine.

Eu égard aux économies réalisées sur cette période, des assureurs comme la Matmut et la Maif ont décidé d’appliquer des mesures exceptionnelles en faveur de leurs clients. L’UFC-Que Choisir estime que tous les acteurs du secteur devraient suivre leur exemple pour soutenir les consommateurs en ces temps de crise.

Certains assurés ne doivent pas s’attendre à une potentielle réduction avant 2021

Contrairement à ses concurrents, le groupe Axa préfère se montrer prudent et évite d’accorder des ristournes pour le moment. Selon lui, les effets du confinement ne pourront être réellement mesurés qu’à la fin de l’année. D’ailleurs, l'accidentalité sur les routes françaises est encore susceptible d’augmenter durant le second semestre. En effet, les Français risquent d’utiliser davantage leur voiture par crainte de contamination dans les trains, les avions, etc.

L’assureur est néanmoins disposé à fournir des recommandations à ses clients au regard de l’évolution de la situation. Éric Lemaire, directeur de la communication d’Axa France, précise :

En attendant, nous avons conseillé aux assurés de retirer certaines options, comme le prêt de volant, s'ils sont assurés tous risques, et de passer le contrat en version petit kilométrage (moins de 8 000 km/an).

Ainsi, le groupe n’envisage pas d’appliquer des dispositions financières en plein second trimestre, à l’image de la Matmut et de la Maif. Comme le souligne son dirigeant, Axa n’a pas le recul nécessaire pour prendre des décisions aussi importantes. Les clients devront donc patienter jusqu’à l’année prochaine pour pouvoir éventuellement bénéficier des effets de la baisse du nombre d’accidents durant le confinement.

Baisse généralisée envisageable

Les primes d’assurance auto coûtent en moyenne 500 euros par an aux propriétaires de véhicule. Ces derniers pourraient ainsi faire des économies non négligeables si les assureurs réduisaient les cotisations après le confinement. Comme l’explique l’UFC-Que Choisir :

Alors que les deux tiers des primes sont habituellement affectés (68 %) à l’indemnisation des sinistres, la chute du trafic automobile et des accidents profite à plein aux assureurs, comme l’ont déjà reconnu trois mutuelles, qui ont consenti des gestes tarifaires envers tous ou une partie de leurs clients.

Le budget des Français a été fortement affecté par la crise du Covid-19. En effet, la plupart des consommateurs ont vu leurs revenus limités ou suspendus durant le confinement. Pourtant, ils doivent continuer de couvrir différents postes de dépenses comme les loyers, l’assurance et éventuellement les mensualités d’un crédit.

Selon l’association de défense des consommateurs, les professionnels pourraient rendre jusqu’à 2,239 milliards d'euros aux assurés grâce aux économies sur les remboursements et aux avantages fiscaux des contrats de couverture automobile. Ce chiffre représente un gain de 50 à 63 euros pour un automobiliste et 29 à 36 euros pour un motard. Le montant dépend de la reprise des accidents après le confinement.