À l’approche de la rentrée, tous les parents finalisent les préparatifs du retour à l’école de leur enfant. Ceux d’un enfant atteint de handicap mental ne bénéficient pas de cette même quiétude. Cette discrimination exaspère l’Unapei. Selon la fédération, de grosses lacunes subsistent dans la prise en charge des élèves handicapés.

Les enfants atteints d'un handicap mental ont le droit à une éducation de qualité, adaptée à leurs besoins et à leur situation particulière. Un enseignement de qualité leur donne la possibilité de grandir convenablement et facilite leur inclusion sociale et professionnelle, dans le futur.

Les pouvoirs publics ont la responsabilité de créer un environnement propice au développement mental et personnel de ces enfants. Pourtant, les efforts du gouvernement semblent encore insuffisants, à en croire les déclarations de l'Unapei, la fédération qui regroupe les associations de personnes handicapées et de leurs familles. Le mouvement réclame des solutions plus satisfaisantes.

Des failles regrettables dans l'éducation

L'éducation d'un enfant atteint d'un handicap mental se fait parfois dans des structures spécialisées, telles qu'un institut médicoéducatif (IME) ou un service d'accompagnement à domicile (Sessad). Cet arrangement particulier s'accompagne d'une assurance scolaire adaptée et d'un emploi du temps aménagé pour optimiser l'enseignement de l'élève handicapé.

Ces structures spécialisées ne sont pas accessibles à tous les enfants qui présentent une infirmité mentale. L'Unapei rapporte l'histoire de parents obligés d'attendre jusqu'à six ans avant de pouvoir offrir une éducation convenable à leur progéniture dans ces établissements. La fédération déplore aussi la qualité de l'enseignement proposé aux enfants en situation de handicap. Pour combler cette lacune, elle suggère de :

  • Modifier les effectifs des classes fréquentées par un ou plusieurs élèves atteints d'un handicap ;
  • Améliorer la formation des enseignants.

Les complaintes de l'Unapei contrastent avec la satisfaction affichée par le gouvernement. Selon les ministères des Personnes handicapées et de l'Éducation nationale, les écoles françaises accueilleront à la rentrée plus de 430 000 élèves en situation de handicap, contre 410 000 l'année dernière.

Ce chiffre monte à 497 000 si l'on inclut ceux qui fréquentent les établissements spécialisés comme les IME. Ces ministères soulignent les grandes avancées dans l'accueil de ces enfants aux besoins particuliers : en quinze ans, le nombre d'élèves handicapés dans le système éducatif français a triplé.

Encore trop d'enfants en situation de handicap délaissés

Pour appuyer ses dires, l'Unapei a effectué une recherche auprès des familles aidées par ses centaines d'antennes locales en France. Sur un échantillon de 7 949 enfants, 18 % ne bénéficieront d'aucune heure de scolarisation à la rentrée prochaine.

Environ 30 % auront entre 0 et 6 heures d'enseignement et 22 %, entre 6 et 12 heures. Seuls 27 % pourront suivre un programme « normal », pendant au moins 12 heures par semaine. La fédération voit ces chiffres comme la preuve de l'abandon des enfants porteurs de handicap.

Luc Gateau, président de l'Unapei, regrette que les droits fondamentaux de ces élèves soient bafoués. Cette discrimination à peine voilée entraîne souvent des conséquences inquiétantes sur la vie des familles et des enfants eux-mêmes.