Pistes cyclables, autoroutes dédiées et quartiers convertis au vélo marquent une nouvelle ère en Allemagne. Soucieuses de leur empreinte carbone, les villes de demain multiplient les infrastructures pour encourager l’utilisation des deux-roues comme moyen de transport. D’autres projets font du vélo un gagne-pain pour les coursiers, tandis que certains quartiers accordent la priorité aux cyclistes.

Pour réduire le taux d'émission de CO2, les villes intelligentes misent sur la diversification des modes de transport. En Allemagne, le vélo est désormais le moyen de déplacement le plus prisé des citadins. Une amélioration des infrastructures telle que l'aménagement d'une autoroute cyclable est encouragée. L'objectif est de convaincre un plus large public à adhérer à cette pratique.

La fédération allemande des cyclistes est confiante. La pandémie de Covid-19 a engendré une nouvelle mentalité et cela se confirmera dès que les pistes cyclables seront plus fiables. En attendant, une assurance vélo est préconisée pour une utilisation sécurisée et consciencieuse des deux-roues en milieu urbain.


Le vélo comme moyen de transport et gagne-pain

Depuis mars 2020, l'Institut d'études sur les technologies du futur à Berlin (IZT) a enregistré une hausse constante du taux d'utilisation du vélo comme moyen de transport. Dans un futur proche, les deux-roues serviront à faire le relai pour assurer entre 30 à 40 % des livraisons. Depuis 2018, la coopérative KoMoDo mise en place par les services de messagerie tels que DHL, UPS et DPD expérimente le microdépôt par coursiers à vélo dans le quartier de Prenzlauer Berg.

L'institut allemand de normalisation suit de près l'évolution de ce projet. Il vise à attester que les vélos cargos sont réellement une solution alternative et durable. Si tel est le cas, les derniers kilomètres entre les camions et les adresses de livraison ne seront plus un souci. Toutefois, un doute persiste. Selon Jana Khül, professeur universitaire de cyclisme et experte en urbanisme à l'Institut de gestion du trafic de Salzgitter :

Il n'y a pas de solution universelle en matière d'urbanisme.

Les infrastructures et projets engagés par les villes allemandes pour promouvoir le cyclisme en milieu urbain

Avec Audi, Mercedes ou BMW comme marques de référence, l'Allemagne produit chaque année 5 millions de voitures, occupant le 3ème rang mondial. Le récent engouement pour les deux-roues dans les grandes villes est un tournant.

Pour une utilisation sécurisée du vélo, il faut aménager un trajet d'au moins 1,5 mètre au rebord de la chaussée. Pour cela, les experts allemands s'inspirent des pratiques provisoires utilisées en France. Ainsi, des plots et des marquages au sol délimitent les zones cyclables à Munich ou à Cologne pour augmenter de 20 % les pistes.


Pour Berlin, les aménagements temporaires installés en période de confinement seront maintenus. Plus confiant que jamais, le Sénat mise sur une accélération du projet d'autoroutes pour vélos. Celui-ci prendra fin vers 2023. Avec ses pistes de 4 mètres de large, cette autoroute fera le lien entre 53 villes à travers la région de la Ruhr.

À Brême, une expérimentation a été lancée en juillet 2020. Elle a permis de créer un quartier où le vélo circule en priorité sur des pistes cyclables. Ces dernières sont régulées par des signalétiques modernisées. La sénatrice Maike Schaefer espère que cette initiative servira de modèle pour les autres villes allemandes et européennes.