Théoriquement, une voiture électrique n’émet aucun gaz polluant sur la route, ce qui en fait un véhicule propre. Le groupe de réflexion Arval Mobility Observatory avance toutefois que pour en juger, les observateurs doivent aussi prendre en compte d’autres données. Parmi ces informations supplémentaires figure le niveau de pollution engendrée lors de leur conception et de leur transport.

Dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, remplacer une voiture dotée d’un moteur thermique par une motorisation électrique est de plus en plus recommandé. C’est ce que constate François Piot, qui est à la tête du cabinet Eurogroup Consulting. D’ailleurs, l’électrique affiche un meilleur rendement par rapport à un modèle thermique, comme l’attestent de nombreuses études.

Avec l’aide d’Arval Mobility Observatory, le cabinet en question a établi une comparaison plus réaliste. Son étude incitera-t-elle les professionnels du secteur assurantiel à revoir la manière dont ils fixent leurs primes ? Un comparateur assurance auto informera de tout changement de tarif.

Le mix énergétique explique en grande partie les écarts de performance entre les pays

Selon l’étude réalisée conjointement par le groupe de réflexion et le cabinet de consultance, l’empreinte environnementale d’un véhicule électrique dépend de l’endroit où il est produit. Par ailleurs, son bilan carbone est fonction des matériaux utilisés au moment de sa fabrication.


En guise d’illustration, François Piot prend le cas de la Chine. Dans ce pays, 6 000 centrales thermiques (qui fonctionnent avec du charbon de bois) produisent 74 % de l’électricité. Pour annuler les effets engendrés par sa production, une voiture propre doit effectuer au moins 180 000 kilomètres.

Quant au conducteur français, il devra parcourir une distance de 16 800 kilomètres, contre 8 000 kilomètres seulement pour un automobiliste norvégien, indique le président d’Eurogroup Consulting. Dans l’Hexagone, l’électricité est en majeure partie produite par des centrales nucléaires, tandis qu’en Norvège, le mix entre l’énergie électrique et hydraulique allège le bilan.

Pour pousser la comparaison encore plus loin, le rapport relate qu’en France, il s’avère deux fois plus efficace de se mettre à l’électrique qu’en Allemagne. Si un usager de la route met à la casse sa Clio au profit d’une ZOE, les émissions de CO2 baisseront de 23 tonnes. Si la même opération est réalisée outre-Rhin, le dioxyde de carbone rejeté ne diminuera que de 10 tonnes.

Toute la chaîne de production et les risques y afférents doivent être étudiés

D’après l’étude, les gouvernements doivent redoubler d’efforts pour faire en sorte que les acteurs de la chaîne de production des véhicules propres consomment moins d’énergie. Les ressources renouvelables doivent-elles être davantage sollicitées pour la production d’électricité ?


Concernant le calcul des émissions de CO2, cette étude tient compte de la quantité rejetée durant tout le processus de fabrication de la voiture électrique. De la production des pièces à l’approvisionnement en carburant en passant par l’acheminement des produits, aucune étape n’a été mise de côté.

Sachant que l’évaluation diffère selon le pays de production des modèles et des batteries, François Piot formule ainsi sa recommandation :

Si l’on veut continuer à faire des efforts pour réduire les émissions de CO2, il faut aussi aider les autres pays à faire des efforts dans ce sens.

Il avance également que toutes les précautions, y compris sanitaires, doivent être prises pour que la fabrication des voitures électriques devienne réellement bénéfique.

Le rapport ne néglige aucun détail susceptible d’influer sur l’impact environnemental des véhicules équipés de batterie électrique. Par exemple, il souligne que les procédés d’extraction artisanaux ou industriels des ressources naturelles indispensables au fonctionnement des batteries peuvent induire des risques sanitaires. L’étude rappelle aussi que les centrales nucléaires rejettent aussi des déchets nocifs pour la santé, en plus de mettre en danger la vie des populations au cas où un incident technique surviendrait.