Malgré la crise, les ventes de voitures électriques ont augmenté de 57,4 % en Europe entre janvier et mars 2020. Sur le marché français, elles se sont même multipliées par deux. Toutefois, le volume reste encore faible par rapport au parc automobile neuf. En effet, ce type de véhicule représente seulement 4,3 % des nouvelles immatriculations sur cette période.

Dans le secteur automobile, les concessionnaires ont été gravement affectés par le confinement, contrairement aux compagnies d'assurance. Nombre d'entre eux ont notamment dû suspendre leur activité. De ce fait, les ventes ont fortement baissé sur la période comprise entre janvier et mars.

Par rapport au premier trimestre 2019, le recul est estimé à 52,9 % dans les pays de l'Union européenne et de l'AELE (Suisse, Liechtenstein, Islande et Norvège) ainsi qu'au Royaume-Uni. Les modèles à essence représentaient par ailleurs 52 % des 3 054 703 ventes recensées, contre 28 % pour le diesel. Ces informations ont été publiées récemment par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA).

Des résultats surprenants en période de crise

Selon les derniers chiffres communiqués par l'ACEA, les ventes d'électriques au premier trimestre 2020 ont atteint 130 297 unités sur le marché européen étendu. Cette zone inclut l'UE, l'AELE (Association européenne de libre-échange) et le Royaume-Uni.


Le volume de ventes le plus important a été réalisé par l'Allemagne, avec 26 030 véhicules écoulés, pour une progression de 63,3 % par rapport à la même période en 2019. La France se retrouve en seconde position avec 25 960 voitures vendues, pour une hausse de 145,6 % en un an. La Norvège complète le podium avec 16 347 livraisons, soit un repli de 12,4 % par rapport à l'année dernière.

À l'instar des électriques, les hybrides enregistrent également une tendance à la hausse sur le marché considéré. Les ventes ont en effet augmenté de 126,5 % de janvier à mars dernier, pour un total chiffré à 97 913 unités. L'Allemagne demeure en première position sur ce segment, avec 26 419 véhicules vendus durant le premier trimestre.

La crise risque de détourner les consommateurs des modèles propres

Les concessions allemandes ont repris leur activité depuis fin avril dernier. Le premier marché européen n'a pas été épargné par la baisse de la demande due aux effets de la crise sanitaire sur le secteur automobile.

Ainsi, les achats ont reculé de 50 % minimum par rapport au premier trimestre 2019, comme le confirment la moitié des professionnels interrogés par la ZDK, la fédération des concessionnaires allemands. De plus, le niveau des stocks s'avère inhabituellement élevé pour cette période de l'année selon l'organisation.


D'après les spécialistes, cette conjoncture risque de ralentir significativement le basculement des automobilistes européens vers l'électrique. En effet, les consommateurs seront à l'affût des meilleures offres en raison des conséquences de la pandémie sur leur budget. Ainsi, ils seront probablement séduits par l'inévitable déstockage de modèles essences et diesels.

Selon Ulrich Köster, porte-parole de la ZDK, rapporté par Le Figaro :

Il y a entre 750 000 et un million de véhicules invendus dans les concessions allemandes, dont la vaste majorité sont des voitures conventionnelles.