Directement impactés par les mesures de restrictions liées à la crise sanitaire, SNCF et Air France traversent une période difficile depuis 2020. Et alors qu’une lueur d’espoir se profile, grâce à la reprise des activités, leur catégorie de clientèle la plus importante se fait attendre en faisant allusion aux voyageurs professionnels.

Voilà deux ans et des poussières que la souscription à l'assurance voyage a fait machine arrière. Non pas sans raison puisqu'à cause de la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, les confinements, les fermetures de frontière et les restrictions de déplacements ont mis un frein à l'activité.

Inutile de préciser que les transporteurs sont également concernés comme pour le cas de la SNCF et d'Air France essuyant de lourdes pertes financières en plus de s'être lourdement endetté.

Pour ces opérateurs, la vie est dure ces dernières années. Toutefois, ils estiment qu'ils auront une chance de se rattraper cet été, grâce à la levée des restrictions sanitaires ramenant les touristes à la charge. Le hic, c'est que les voyageurs professionnels se font attendre.


Victimes des effets dévastateurs de la crise

Fleurons français du transport de passagers, SNCF et Air France n'ont pas échappé aux effets dévastateurs de la crise sanitaire ralentissant drastiquement leur activité se manifestant principalement à travers la chute du nombre de voyageurs, toutes catégories confondues. Soit, une baisse de :

  • 58% sur les 1,88 milliard de clients pour la SNCF ;
  • 33% des 104 millions de voyageurs de l'avant-crise pour le groupe Air France-KLM.

Ainsi, l'effondrement était bien au rendez-vous sur la saison 2020 pour ces opérateurs qui ont commencé à remonter la pente en 2021 en enregistrant :

  • 43% des voyageurs d'avant-crise pour Air France-KLM ;
  • 71% des passagers de 2019 pour SNCF.

Inutile de préciser que leur situation financière en est lourdement impactée. Pour s'en convaincre, il suffit de porter un regard sur leur endettement :

  • 26,3 milliards d'euros pour la SNCF (fin 2021) ;
  • 7,6 milliards d'euros pour Air France-KLM (fin mars 2022).

Des deux, c'est la compagnie aérienne qui est encore en très mauvaise posture notamment suite à la perte de 3,3 milliards d'euros liée à ses coûts fixes de 2021 portant son déficit budgétaire lié au Covid-19 à 11 milliards, malgré une recapitalisation de la part de l'État.

Quand à SNCF, les indicateurs sont désormais dans le vert essentiellement, grâce à une série de cession et au plan de relance lui permettant de renflouer sa trésorerie.

L'heure de la reprise a sonné

Maintenant que les restrictions sanitaires sont levées, la SNCF, tout comme Air France-KLM sont conscients qu'il est temps pour eux de renouer les liens avec leurs activités comme l'a indiqué cet opérateur ferroviaire s'exprimant en ces termes :

Globalement, la levée des restrictions sanitaires profite à tous nos marchés européens. Les résultats progressent de semaine en semaine.

Et d'ajouter :

En 2022, on va avoir la chance que nos deux poumons respirent bien en même temps. Si le poumon de la logistique continue à bien s'oxygéner comme il l'a fait et si le poumon du TGV reprend tout son souffle.

Dans cette optique, SNCF s'attend à récolter des résultats similaires à ceux enregistrés sur la période d'avant-crise.

Même constat du côté de l'opérateur aérien qui se prépare à déployer 85% à 90% de sa capacité par rapport en 2019 notamment pour faire face à la reprise des réservations portée par la saison estivale.

À ce propos, ces acteurs ont d'ailleurs fait remarquer que maintenant que l'heure de la reprise a sonné, l'activité liée au tourisme accélère. De quoi expliquer leur regain de confiance qui est toutefois assombri par la frilosité à voyager de la catégorie de clientèle la plus lucrative, les professionnels.

Ce qui pourrait les ralentir dans leur élan, sauf qu'ils estiment que rien n'est encore perdu avec la saison estivale qui pourrait changer la donne.