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C’est un projet qui est évoqué depuis de nombreux mois déjà, sans toutefois avancer. Aujourd’hui, Matignon a donné son feu vert pour expérimenter une salle de consommation de drogue dans la capitale.

Dès 2010, plusieurs grandes villes françaises telles que Marseille, Bordeaux ou Strasbourg, étaient intéressées pour tester les « salles de shoot ». Ces salles, déjà mises en place dans certains pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Espagne, « apportent des bénéfices aux usagers », selon une étude de 2010 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et « bénéficient également à la communauté par la réduction de l’usage de drogues en public ». En permettant aux toxicomanes de consommer leurs produits dans de bonnes conditions d’hygiène et sous la supervision de professionnels de la santé, ces enceintes permettraient de réduire la mortalité, les infections et le risques d’« injections sauvages » dans les rues.


François Fillon, premier ministre de l’époque, les considérait alors comme « ni utiles ni souhaitables », bloquant une éventuelle mise en place.

En arrivant au ministère de la Santé en 2012, Marisol Touraine relance l’idée en déclarant vouloir expérimenter des salles de consommation de drogue « courant 2013 ». Le 10 décembre dernier les choses s’accélèrent un peu plus quand le Conseil de Paris décide l’attribution d’une subvention départementale de 38 000 euros à Gaïa, une association qui milite pour l’ouverture de ce genre de centres.

La mise en place à Paris d’un tel dispositif a été officialisée hier par Matignon, qui a confié le projet à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies (Mild) et au ministère de la Santé. Le lieu et la date d’implantation de cette future salle ne sont toujours pas connus, mais la ville travaille actuellement avec la SNCF à la recherche d’un local, pour une ouverture avant l’été. Entre 100 et 150 personnes par jour pourraient être accueillis sept jours sur sept.