ANSM mise en examen

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), a été mise en examen mardi, dans l’affaire du Mediator. Elle est accusée d’homicides et blessures involontaires pour des « fautes de négligence commises entre 1995 et 2009 ».

Après les laboratoires Servier, c'est au tour de l'ANSM (anciennement Afssaps), représentée par son directeur Dominique Maraninchi, d’être dans le viseur de la justice. Il a en effet été convoqué mardi par les juges en charge de l'instruction, pour être informé de la mise en examen de l'agence qu'il dirige.

Le communiqué de l’ANSM précise que les chefs d’inculpations sont les blessures involontaires et l'homicide involontaire pour des fautes de négligence commises entre 1995 et 2009. Il ajoute qu’il serait reproché à l’Agence « d'avoir contribué à créer la situation qui a engendré le dommage des victimes et de n'avoir pas pris les mesures permettant de l'éviter ».


Pour rappel, à la mi-février, les juges d'instructions chargés de cette enquête pour tromperie et prise illégale d'intérêt, avaient déjà mis en examen deux anciens responsables de l'Afssaps, Jean-Michel Alexandre et Eric Abadie, respectivement pour « participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée » et pour « prise illégale d'intérêt ».

Le Mediator, un coupe-faim présenté comme antidiabétique et distribué par les laboratoires Servier, aurait entraîné entre 500 à 2000 morts depuis 1997 avant d'être retiré du marché le 30 novembre 2009. L’Agence se montre de bonne foi en déclarant vouloir apporter « sa pleine et entière contribution à la Justice afin que puisse être établie toute la vérité à laquelle les victimes, leurs familles et les usagers ont droit. Ainsi, toute la lumière devra être faite sur les responsabilités de chacun et toutes les conséquences devront être tirées du travail de la Justice ».

L'organisme national d'indemnisation des accidents médicaux a déjà reçu plus de 7000 demandes de la part de personnes ayant pris ce médicament.