Rupture de stock médicaments

Chaque jour en France, on estime que 5% des médicaments commandés par les pharmaciens de ville sont en rupture de stock et que la moitié de ces interruptions dépassent quatre jours. L’Académie de pharmacie tire la sonnette d’alarme.

Mercredi 20 mars, l’Académie Nationale de Pharmacie a dénoncé les ruptures de stock de médicaments, puisque selon elle, de nombreux médicaments (5% des commandes) seraient chaque jour en rupture de stock. Bien évidemment, cela pose problème aux patients qui doivent changer leur traitement ou s’adapter, mais aussi aux professionnels de santé.

En effet, il n’est pas rare que les pharmaciens doivent se faire dépanner par un confrère ou soient obligés de contacter le médecin pour changer la prescription du patient.


L’académie pointe du doigt les nombreux problèmes au niveau de la chaîne d’approvisionnement des médicaments, puisque 4 produits sur 5 sont fabriqués en Asie, ce qui implique des délais d’acheminement forcément plus longs. Elle préconise « d'engager une politique volontariste de relocalisation » de la fabrication des principes actifs jugés « stratégiques » et « indispensables à la santé publique ».

« C'est un phénomène mondialisé et qui s'est aggravé ces dernières années. Tous les jours, il nous manque un ou plusieurs médicaments et le plus étonnant, c'est que cela peut toucher n'importe quel type de médicaments. Un jour il s'agit d'un vaccin, le lendemain d'un antibiotique ou d'un psychotrope », explique Philippe Liebermann, pharmacien à Strasbourg et vice-président de la fédération des syndicats pharmaceutiques de France.

Pour résoudre ces problèmes, l’Académie évoque une mise en place d’un droit de substitution des traitements par les pharmaciens. Autrement dit, donner la possibilité aux pharmaciens de remplacer le médicament manquant par une molécule de la même classe thérapeutique sans passer par le prescripteur.