e-medication ouverte en france

Seuls les médicaments délivrés sans ordonnance pourront être accessibles en ligne. Il s'agit des traitements dits d'automédication, comme le Spasfon, le Paracétamol, les sirops contre la toux, etc. Cela correspond à environ 4000 médicaments. Comme nous vous le disions dans notre dernier article sur l'e-médication, cette autorisation ne concernait que les boîtes vendues à l'avant du comptoir, soit approximativement 450, mais le Conseil d'Etat et l'Autorité de la concurrence avait trouvé cette idée trop limitative.

Cédric O'Neill, entrepreneur Web dans le domaine des pharmacies en ligne, assure qu'avant la réforme, sept millions de personnes achetait déjà leurs médicaments sur internet, en se tournant notamment vers les pays européens limitrophes. Il ajoute « Pour éviter toute concurrence, il fallait donc proposer cette offre légale ».

Depuis vendredi dernier, les pharmacies peuvent donc vendre leurs médicaments en ligne. Cependant, pour plus de sécurité, celles-ci devront être reconnues et approuvées par l'ARS (Agence régionale de santé), mais aussi présenter son projet au Conseil de l'ordre des pharmaciens. En outre, si une pharmacie venait à fermer, son site devra fermer dans le même temps.

La Commission Européenne, dans sa volonté d'harmoniser la législation entre pays membres, obligeait la France soit à payer une amende, soit à ouvrir la vente de médicaments en ligne. Notre gouvernement dans un premier temps refusait, de peur d'un mauvais usage de l'automédication qui augmenterait le risque pour les patients. N'ouvrir la vente en ligne qu'aux pharmacies est donc un compromis très correct, permettant une relative protection du consommateur.

Sachez cependant que certains sites seulement sont agrées. Vous pourrez trouver une liste de ceux-ci sur le site du ministère de la santé, de l'ARS et sur celui du Conseil de l'ordre des médecins. De plus, toutes les commandes seront accompagnées d'un questionnaire renseignant le profil de l'acheteur, âge, sexe, traitements, antécédents, etc. Vous pourrez enfin choisir entre être livré ou aller chercher vos médicaments en pharmacie.

Pour assurer une certaine sécurité, les pharmaciens seront obligés de faire apparaître clairement sur leur site des liens vers les sites de l'Ordre national des pharmaciens, du Ministère de la Santé ainsi que les coordonnées de l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). En revanche, il est interdit d'un point de vue déontologique de faire des liens vers les sites des laboratoires pharmaceutiques. Les médicaments devront afficher des informations claires, leur forme galénique, le prix, la posologie, etc. Les notices quant à elles devront pouvoir être téléchargées et imprimées.

Si cette réglementation peut faire peur car fort restrictive pour des professionnels à qui l'on a pourtant si souvent fait confiance, le gouvernement a surtout voulu rendre la détection des sites illégaux beaucoup plus simple. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) estime d'ailleurs que la moitié des médicaments vendus en ligne sont factices ou inexacts.

Finalement grâce à cette réglementation, l'e-médication permet tout de même un relatif contrôle ainsi qu'une certaine sûreté pour le consommateur, mais remet largement en cause la relation pharmacien-client pourtant si importante.N'oubliez pas pour autant de respecter votre prescription et la posologie des médicaments, car ils restent dangereux, et en cas de doute, n'hésitez pas à aller demander à votre pharmacien.