D'ici à 2035, un tiers des français aura plus de 60 ans et la population des plus de 80 ans aura doublé. Une étude du cabinet d'audit KPMG révèle qu'une place en maison de retraite revient en moyenne à 1857 euros par mois au résident, soit deux fois le montant moyen actuel de la pension d'une femme. Une réforme de la dépendance est donc massivement attendue par les français. D'après un sondage CSA, 50% des français pensent que le financement de la dépendance est un « sujet important sur lequel beaucoup de retard a déjà été pris ».

Le projet de loi sur la dépendance date de 2007. Il avait été de nombreuses fois reporté avant d'être finalement abandonné. Le nouveau gouvernement a repris le flambeau, et remis le projet sur les rails. Sa réforme repose sur trois axes : l'anticipation du vieillissement, l'adaptation de la société et l'accompagnement de la perte d'autonomie. Dans un premier temps, François Hollande avait promis la réforme de la dépendance pour la fin de l'année. Il faudra finalement attendre 2014. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a précisé, lors d'une rencontre organisée par l'association des journalistes de l'information sociale, vouloir aborder le dossier « progressivement ».

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, et Michèle Delaunay, ministre déléguée en charge des personnes âgées et de l'autonomie, ont certifié que la prise en charge de la dépendance s'appuierait sur la solidarité. Propos confirmés par François Hollande : « Il y aura le partage entre la solidarité nécessaire parce que nous sommes un pays de cohésion sociale et la responsabilité individuelle, personnelle, indispensable ». En mai 2013, la fédération française des sociétés d'assurance a affirmé sa volonté de s'impliquer dans le projet en dévoilant son label GAD : il s'agit d'un socle minimum commun à tout type d'organisme d'assurance. Si, dans un premier temps, le gouvernement contestait toute association avec les assurances, il semble en être autrement aujourd'hui. Michèle Delaunay a affirmé sur Twitter adhérer « à une convergence des critères de dépendance entre pouvoirs publics et assurance privée ».