Carte vitale

Le tiers payant sera généralisé chez les médecins en 2017. C'est ce qu'a affirmé Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires Sociales. Il s'agit de l'un des projets phares de la « Stratégie Nationale de Santé », présentée hier 23 septembre dans Libération. Cela signifie que les patients n'auront pas à avancer le prix de la consultation médicale. Celle-ci sera directement remboursée par l'assurance maladie et les complémentaires santé. Seule la franchise d'un euro ne sera pas remboursée. Le tiers payant sera possible pour les ménages aux revenus modestes dès la fin de l'année prochaine. Cette mesure concernera l'ensemble des médecins de ville, les médecins du secteur 1 (ne pratiquant pas de dépassement d'honoraire) et du secteur 2 dans le cas où la mutuelle prend en charge les dépassements d'honoraire.

La généralisation du tiers payant met fin à un très grand retard français. En effet, elle est déjà appliquée dans la plupart des pays de l'union européenne. Seuls quatre des 28 pays membres exigent encore le paiement de la consultation par les patients : la France, la Belgique, le Luxembourg et enfin la Suède où la consultation est payante jusqu'à un certain montant par an, au-delà duquel elle devient gratuite. Cette mesure, appliquée à la France, devrait limiter le nombre de patients qui renoncent aux visites médicales pour ne pas avoir à débourser le prix de la consultation et à attendre le remboursement. Les généralistes des quartiers défavorisés ne cessaient de réclamer cette généralisation.

Cependant, certains médecins sont opposés à la généralisation du tiers payant, et notamment la CSMF (Confédération Syndicale des Médecins Français) qui craint une surconsommation médicale. L'UFML (Union Française pour la Médecine Libre) dénonce « une tentative d'assassinat de la médecine libérale ». Or, Didier Tabuteau, responsable de la chaire « Santé » de Sciences Po, voit la mesure d'un bon œil : pour la plupart des familles, la mesure n'est pas indispensable. L'objectif est de faciliter l'accès aux soins aux personnes défavorisées, pour qui il est difficile d'avancer le montant de la consultation.