La vente de médicaments à l'unité

Dans une interview donnée au quotidien Les Echos, la ministre de la Santé Marisol Touraine a déclaré vouloir expérimenter la vente de médicaments à l'unité. Ce principe existe déjà depuis 25 ans en Grande-Bretagne mais aussi aux Etats-Unis, au Canada ou en Nouvelle-Zélande. Le pharmacien prépare juste le nombre de médicaments prescrit par le médecin. Il ne sera pas nécessaire de retourner chez le médecin et d'avoir une nouvelle ordonnance pour obtenir quelques pilules en plus tant que la quantité reste limitée.

L'objectif de cette mesure est d'éviter que les français accumulent les boites de médicaments dans leur placard. « Chaque Français conserve en moyenne 1,5 kg de médicaments non utilisés dans son armoire à pharmacie, c'est à la fois un gâchis et un danger, car cela favorise l'automédication à mauvais escient », a-t-elle déclaré hier.


Cependant, c'est loin d'être le seul objectif. En effet, la vente de médicaments à l'unité et non plus en grande quantité devrait permettre à la Sécurité Sociale de faire des économies. L'assurance maladie a cumulé cette année un déficit de 7,7 milliards d'euros. C'est la plus déficitaire des quatre branches de la Sécurité Sociale. L'idéal serait de ramener le trou de la Sécu à 13 milliards d'euros en 2014 contre 17,5 en 2012. Marisol Touraine a annoncé une période de test qui devrait commencer assez rapidement dans certaines régions par la vente à l'unité de certains antibiotiques et génériques. A ce propos, elle compte également favoriser le développement de ces médicaments génériques.

D'autres mesures sont envisagées comme la réduction des coûts à l'hôpital, qui devrait permettre d'économiser 440 millions d'euros. Les établissements vont devoir favoriser la chirurgie ambulatoire, c'est-à-dire que le patient pourra rentrer chez lui le jour même lorsque cela sera possible. Une économie d'un milliard d'euros est aussi prévue grâce à la baisse du prix de certains médicaments. La ministre a enfin promis la mise en ligne d'un site d'informations sur les médicaments pour le 1er octobre.

Le gouvernement quant à lui a signalé que l'avantage fiscal des bénéficiaires des complémentaires santé d'entreprise serait supprimé, afin de financer l'Assurance Maladie.