La mise en place de la réforme de la dépendance avait été promise par Nicolas Sarkozy dès 2007, mais le gouvernement de François Fillon début 2012 avait renoncé au texte sur l'autonomie des personnes âgées. C'est une des raisons pour laquelle le Premier ministre déclara ce lundi, "Le gouvernement ne fera pas comme le gouvernement précédent, c'est-à-dire avoir annoncer une réforme et, devant l'obstacle, renoncer".

La réforme de la dépendance est désormais dans les mains du gouvernement actuel. Jean-Marc Ayrault a indiqué qu'une loi d'orientation et de programmation « pour l'adaptation de la société au vieillissement » sera exposée au Parlement au printemps 2014. C'est à partir du 1er janvier 2015 que les premières mesures seront mises en place.


"Il faut lutter contre cette image négative qui ferait du vieillissement un synonyme de charge et d'isolement. L'allongement de notre espérance de vie doit être vécu pour ce qu'il est vraiment : une chance pour chacun et un progrès pour notre civilisation", a souligné le premier ministre dans ce même discours. Cet écrit sera guidé par Michèle Delaunay, la ministre déléguée aux personnes âgées, avec l'aide de Marisol Touraine, sa ministre de tutelle.

Cette réforme s'effectuera en deux temps faute de moyens financiers. En premier lieu, le gouvernement ne se contentera que des 600 millions d'euros issus de la Casa (Contribution Additionnelle de Solidarité pour l'Autonomie). Depuis avril 2013, cette contribution est acquittée par les retraités, excepté les plus modestes, à hauteur de 0,3 % de leurs pensions. Dans un premier temps, le gouvernement mettra en œuvre des moyens visant à encourager le maintien à domicile des personnes âgées, grâce à une amélioration de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), le but étant de réduire le coût pour les familles.

Dans un second temps, l'accent sera mis sur l'accueil dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), vec toujours cette même volonté de diminuer les coûts pour les résidents. Les établissements d'hébergement de personnes âgées dépendantes sont subventionnés à la fois via l'Assurance-maladie pour les soins, mais aussi par les départements pour leur part dépendance et par les personnes accueillies en Ehpad.

Le malaise est que, pour la deuxième année successive, la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie ne sera que partiellement dédiée à la perte d'autonomie en 2014, la loi préparée par le gouvernement n'étant pas encore entrée en vigueur. Le secteur dénonce « l'indélicatesse » de l'Etat concernant ces fonds à l'origine destinés aux personnes âgées. Néanmoins, si l'agenda est honoré, elle pourra être pleinement affectée à ces personnes dès 2015.